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Corinne Lepage, née le 11 mai 1951 à Boulogne-Billancourt, est une avocate et femme politique française.

Ancienne ministre de l'Environnement, fondatrice et présidente du parti écologiste Cap21 depuis 1996, co-fondatrice et vice-présidente du Mouvement démocrate jusqu'en mars 2010 où elle annonce qu'elle quitte le mouvement, elle est députée au Parlement européen depuis 2009.

Elle est également membre-fondatrice du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), association d'étude de l'impact des techniques génétiques sur le vivant.

C'est avant tout en tant qu'experte du droit de l'environnement que Corinne Lepage a acquis sa notoriété, en collaborant à des revues et ouvrages spécialisés[1], en s'exprimant à ce sujet dans les médias généralistes[2], et en participant à des procès de grande envergure dans le cadre de ce domaine juridique.

Jeune avocate, Corinne Lepage fonde le premier cabinet d’avocats spécialisés dans le droit de l'environnement avec son mari Christian Huglo en 1978 (cabinet Huglo-Lepage). Elle entre en 1987 au Conseil de l'Ordre des avocats.

Son nom apparaît dans les médias dès 1978, lors de l’affaire de l’Amoco Cadiz. Un pétrolier d’origine américaine provoque une immense marée noire et ravage les côtes de Bretagne. Le cabinet Huglo-Lepage s'engage alors aux côtés des collectivités locales du Finistère et des Côtes-du-Nord, et s'oppose à la société pétrolière américaine Amoco. A l'issue d'un procès qui dure une quinzaine d'années, le cabinet Huglo-Lepage et les collectivités bretonnes obtiennent gain de cause contre le géant américain, et créent ainsi une première mondiale qui protège davantage les collectivités victimes de pollution grave.[3].

Le cabinet travaille ensuite sur de nombreux dossiers concernant l'environnement, au côté d'associations[4], de collectivités locales[5] ou d'entreprises[6]. Depuis 2006, Corinne Lepage est notamment avocate des collectivités locales et associations qui se sont constituées parties civiles dans le procès de l'affaire Erika (marée noire du 12 décembre 1999), qui met en cause 12 personnes physiques et morales, dont la compagnie pétrolière Total[7]. En 2010, elle défend l'association "Mouvement pour les droits et le respect des générations futures" (MDRGF), assignée pour dénigrement par la Fédération nationale des producteurs de raisins de table (FNPRT) [8

Parallèlement à ses activités politiques, Corinne Lepage exerce son activité de défense des intérêts écologiques tant au barreau de Paris qu’à celui de Bruxelles et s’implique dans de nombreuses associations. Elle est ainsi co-fondatrice de l'Observatoire de vigilance et d’alerte écologique avec Michèle Rivasi. Elle dirige en outre le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), comité scientifique très en pointe sur les risques environnementaux et sanitaires liés à la diffusion des OGM.

Selon elle, la politique ne peut inventer seule, sans la mobilisation des ONG et de la société civile, les solutions et les changements qui sont nécessaires à notre mode de développement. Dès 1996, elle déclare dans un entretien accordé au Service culturel, scientifique et de coopération de l'ambassade de France au Maroc : « L'implication croissante de la société civile est essentielle pour l’environnement et le développement durable[9] ». Suite au Sommet de Copenhague, elle réaffirme en 2009 : « La société civile ne peut désormais plus compter que sur elle-même pour assurer son avenir[10] ».

De novembre 2007 à février 2008, elle rédige pour le ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, un rapport sur la « gouvernance écologique »[11]. Ce rapport, selon le site officiel du Grenelle Environnement « formule plus de 80 propositions, dont 10 mesures-phare, destinées à restaurer la confiance des Français dans l'information environnementale » et « propose notamment des mesures pour améliorer cette information, renforcer les règles de l’expertise et clarifier les responsabilités en cas de pollution[12] ».

Corinne Lepage enseigne par ailleurs à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et à l'Institut d'études politiques de Paris, dans le cadre de la Chaire de Développement durable[13].

Depuis sa participation au gouvernement d'Alain Juppé (1995-1997), Corinne Lepage est parfois considérée par les médias comme une écologiste de droite[14], qualification dans laquelle elle ne se reconnaît pourtant pas[15] : « On me dit que je suis écolo de droite, non. D'abord, je ne suis pas écolo, je suis passionnée d'environnement […]. Et je ne suis pas de droite, je me bats […] pour ce qui me paraît majeur pour nous tous dans les années qui viennent. […] La question sociale a été le grand débat du XXe siècle, je pense que la question environnementale sera le grand débat du XXIe[16]. »

Corinne Lepage se réclame avant tout de l'écologie politique, s'efforçant de faire la synthèse des idées de droite et de gauche en matière d'écologie. De sa participation à Génération écologie en 1990 jusqu'à la création de son club de réflexion Terre Démocrate en 2009[17], elle affiche une volonté de « transcender les clivages politiques » et de dépasser l'opposition traditionnelle droite/gauche, afin de « rassembler au-delà des couleurs politiques, sur l'écologie[18] ». Proche à la fois de Daniel Cohn-Bendit et de François Bayrou, elle œuvre à l'émergence politique d'un « véritable effort programmatique, fondé sur un développement solidaire et soutenable, démocratique et humaniste[19] ». Elle souhaite notamment un rapprochement entre le centre et les écologistes[20].

« Je suis tombée dans l'environnement très tôt, dans les années soixante-dix, déclare Corinne Lepage. Candidate écologiste en 81, et élue en 89[21] ». Elle devient en effet adjointe au maire de Cabourg dans le Calvados en mars 1989.

Au début des années 90, elle est membre fondatrice de Génération écologie. Elle se présente en 1993 sous la bannière Génération écologie aux élections législatives de la quatrième circonscription du Calvados. Elle arrive cependant loin derrière Nicole Ameline, candidate UDF et dauphine de Michel d'Ornano avec un score de 6,17 %[22].

En 1995, elle répond positivement à la proposition d'Alain Juppé de prendre en charge le ministère de l’Environnement. Elle n'est alors membre d'aucun parti[23]. Selon le journal Libération, sa nomination est aussitôt vivement critiquée par certains membres de la droite normande[24].

Corinne Lepage fait partie des douze femmes (nombre inhabituellement élevé à l'époque) qui composent le premier gouvernement Juppé. Le 7 novembre 1995, lors du remaniement ministériel donnant lieu au second gouvernement Juppé, elle est la seule femme à rester ministre de plein exercice. Si elle n'a pas souffert de difficulté particulière en tant que femme face au gouvernement et au Président, elle déplore d'avoir eu à subir, à l'Assemblée nationale, des injures « qui n'auraient jamais été proférées à l'égard d'un homme[25] ».

En tant que ministre de l'environnement, Corinne Lepage se donne pour priorité de montrer que l'Environnement peut « contribuer à la lutte contre le chômage[26] ». En 1996, le Conseil des ministres adopte le projet de Corinne Lepage concernant la pollution urbaine. Il rend obligatoire la surveillance de la qualité de l'air et renforce les mesures de limitation de la circulation en cas d'alerte. Ce projet aboutit à l’adoption par le Parlement de la loi LAURE du 30 décembre 1996, également appelée loi Lepage). La même année, la ministre obtient la création du Comité de la prévention et de la précaution, et la fin de la participation de la puissance publique au Comité Permanent Amiante.

Le redémarrage très contesté du réacteur Superphénix, qui connaît de nombreuses difficultés techniques, est l'occasion d'un vigoureux bras de fer entre Corinne Lepage et le ministre de l'Industrie Franck Borotra : en raison d'irréguarités juridiques, Corinne Lepage refuse de signer le décret d'autorisation de redémarrage du réacteur, et menace implicitement Alain Juppé de démissionner[27]. Le syndicaliste Christian Moesl (CGC) déclare, lors de son audition par la commission d'enquête parlementaire sur Superphénix et la filière des réacteurs à neutrons rapides : « Corinne Lepage a mis Superphénix au bord du précipice et Dominique Voynet l’a poussé[28] ».

Femme de consensus, Corinne Lepage est l'objet de critiques pour le silence qu'elle est parfois obligée de s'imposer[29], sous la présidence de Jacques Chirac, face à de grands thèmes écologiques : reprise des essais nucléaires[30], redémarrage du réacteur nucléaire Superphénix en septembre 1995, réduction du budget de l'Environnement, difficultés de mise en place de la directive européenne Natura 2000…[31].

Corinne Lepage tire de son expérience au ministère le livre On ne peut rien faire, Madame le ministre[32], dans lequel elle s'en prend aux lobbies industriels (automobile, nucléaire…), aux chasseurs et aux technocrates de la haute administration.

« Je ne me sens pas une femme de droite, déclare Corinne Lepage, mais je ne renie en aucune manière ma participation aux gouvernements d'Alain Juppé.[33] » Elle affirme ainsi avoir toujours voulu mener « une politique centriste[34] ». En 1996, elle crée le club de réflexion politique Cap21 (Citoyenneté, action, participation pour le XXIe siècle), qui « se reconnaît dans le réformisme écologique » : « La question à venir n'est plus celle de la gauche ou de la droite mais plutôt celle du choix entre l'action et l'immobilisme, car nos sociétés ne peuvent continuer à ignorer les conséquences écologiques et sociales de leur développement.[35] »

Suite à la dissolution de 1997, Corinne Lepage se présente aux élections législatives de mai 1997, dans la 7e circonscription de Paris, sous l'étiquette Divers Droite. Elle perd au second tour face à Patrick Bloche avec près de 10 % de voix d'écart entre les deux candidats (54,50 % contre 45,50 %)[36]. La défaite de la droite met fin à l’expérience ministérielle de Corinne Lepage. Elle mène une liste indépendante lors des Régionales de 1998 en Basse-Normandie avec Olivier Stirn, face au président de droite sortant René Garrec (Démocratie libérale), mais elle n'obtient aucun siège[37].
Corinne Lepage, Sakae Menda et Robert Badinter lors d'une manifestation contre la peine de mort, en février 2007.

Elle continue néanmoins son combat pour une écologie « soutenable », c'est-à-dire compatible avec les contraintes économiques. En 2000, elle transforme son club de réflexion Cap 21 en mouvement politique. Le 1er janvier 2001, elle devient chevalier de la Légion d'honneur. Elle déclare « travailler à la constitution d'un grand pôle au centre de l'échiquier politique, où puissent se retrouver des gens de droite et de gauche autour de l'écologie, de l'humanisme et de la citoyenneté[38] ».

En 2002, elle se lance dans la course à l’Élysée[39]. Accusée d'être en lien direct avec Jacques Chirac[40], elle rétorque : « L'idée qu'on puise avoir quelqu'un finalement d'assez indépendant, une femme de surcroît - quel scandale dans un monde d'hommes ! - qui n'est pas le “sous-marin” de quelqu'un de tout-puissant, c'est complètement scandaleux. Eh bien, je suis désolée, c'est peut-être scandaleux mais c'est la réalité ![41] » Elle choisit, au cours de sa campagne, de s'opposer directement aux Verts, le Parti écologiste de la Gauche plurielle, à qui elle reproche d'avoir « instrumentalisé l'environnement[42] ». Elle critique vivement Noël Mamère, qui l'accuse pour sa part de « faire le coucou dans la niche écologique »[43], et elle réclame, sans l'obtenir, l'organisation d'un débat public entre eux deux[44]. Elle recueille 1,88 % des voix au premier tour[45].

Aux élections régionales de 2004, elle est tête de liste du département de Paris sur la liste d'André Santini (UDF). Sa liste obtient 16,5 % des suffrages, et arrive ainsi en troisième position, derrière celles de Jean-Paul Huchon (PS, 37,25 %) et Jean-François Copé (26,6 %)[46]. Elle refuse de participer à la fusion de second tour avec la liste UMP[47]. La liste indépendante qu'elle conduit ensuite aux élections européennes de juin sur la circonscription Île-de-France recueille 3,61 % des voix[48].

Elle signe en 2005 l'« appel pour un nouveau combat féministe » lancé par l'association Ni putes ni soumises et soutenu par de très nombreuses personnalités (Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoé, Guy Bedos, Yamina Benguigui, Ariane Mnouchkine…)[49]. Elle manifeste la même année devant l'ambassade du Canada aux côtés d'Yvette Roudy, Fadela Amara et Leïla Babes contre les « tribunaux islamisques » au Canada[50]. En avril 2006, elle lance, avec les journalistes Caroline Fourest et Pierre Cassen, la pétition « Un cri contre le racisme et l'intégrisme[51] ». Cette pétition, publiée dans le joural Libération le 28 avril 2006, reçoit le soutien de personnalités publiques comme l'ancienne ministre PS Yvette Roudy, le journaliste Philippe Val, la philosophe féministe Élisabeth Badinter et le professeur Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l’Orient[52]

Elle tente de rassembler les écologistes de différentes couleurs politiques, notamment en réunissant Nicolas Hulot, Yann Wehrling et Dominique Voynet en septembre 2006[53]. Elle précise en novembre 2006 sa position politique en déclarant sur France 3 : « Nous nous situons entre le centre droit et le centre gauche[54] ».

Le 5 janvier 2007, elle confirme être l'auteur, avec André Bercoff, de deux pamphlets politiques, J'arrive et On efface tout et on recommence, publiés en 2005 et 2006 sous le nom de plume Catherine Médicis[55], stratagème nécessaire selon elle pour être entendue en tant que petit candidat[56].

Le 10 mars 2007, elle décide de ne pas se présenter à l'élection présidentielle de 2007. Elle l'explique dans un entretien accordé au Journal du dimanche du 11 mars : « J'ai décidé de rejoindre François Bayrou malgré ma capacité à obtenir mes 500 signatures »[57]. Elle apporte ainsi son soutien au candidat centriste[58] qui « incarne aujourd'hui un véritable changement dans le pays, qui peut permettre à l'écologie politique d'occuper la place qui lui revient ». Cap21 est alors l'un des membres fondateurs du nouveau parti politique de François Bayrou, le MoDem[59].

En mai 2007, après la défaite de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle, et la victoire de Nicolas Sarkozy face à Ségolène Royal, Corinne Lepage refuse de participer au gouvernement Fillon par « fidélité à ses convictions[60] ». Elle signe, le 14 février 2008, avec 16 autres personnalités politiques de tous bords, l'« Appel du 14 février » pour une vigilance républicaine lancé par l'hebdomadaire Marianne[61]. Suite au discours de Nicolas Sarkozy, le 20 décembre 2007 au Palais de Saint-Jean de Latran, sur la place de la religion dans la vie publique[62], ainsi qu'à ses déclarations sur la scientologie[63], elle considère que le pouvoir développe « une philosophie générale » qui mène à une « déconstruction de la laïcité à la française » (Canal+, 21 février 2008)[64].

Elle est candidate Modem aux élections municipales de mars 2008 dans le 12e arrondissement de Paris, face à Jean-Marie Cavada (ex-MoDem, passé à l'UMP) et Michèle Blumenthal (PS)[65]. Sa candidature est soutenue par Jean-Luc Romero, qui déclare faire alors « un choix d'ami » et « un choix de militant[66] ». Avec 9,95 % des voix au premier tour de l'élection, elle arrive en troisième position derrière le PS (46,07 %) et l'UMP (24,3 %) (le MoDem réalise une moyenne de 9 % sur l'ensemble de la ville)[67].

Corinne Lepage devient vice-présidente du MoDem le 15 juin 2008[68]. Quelques mois plus tard, le 8 février 2009, François Bayrou la présente comme tête de liste du MoDem dans la circonscription Nord-Ouest (Basse-Normandie ; Haute-Normandie ; Nord-Pas-de-Calais ; Picardie) à l'occasion des élections européennes de juin 2009[69]. Elle est élue eurodéputée avec 8,67% des voix, derrière les listes de Dominique Riquet (Majorité présidentielle, 24,2%), Gilles Pargneaux (PS, 18,1%), Hélène Flautre (Europe Écologie, 12,1%) et Marine Le Pen (FN, 10,2%)[70]

À l'automne 2009, Corinne Lepage démissionne de la présidence des commissions thématiques du Mouvement démocrate, mais reste vice-présidente du parti[71]. De vives tensions apparaissent entre Cap21 et le MoDem lorsque le parti de Corinne Lepage choisit, dans plusieurs régions, de s'allier pour les élections régionales de mars 2010 avec Europe Écologie, et non avec le MoDem : Haute-Normandie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon, Lorraine, Alsace, Pays de la Loire[72]. Après avoir critiqué la stratégie de François Bayrou et du Modem lors des élections régionales, elle annonce avoir décidé de quitter le Modem le 17 mars 2010[73]. Au second tour des élections régionales, elle appelle à voter à gauche, sauf en Aquitaine où Jean Lassalle (Modem) se maintient.

Le 7 juin 2009, elle est élue députée lors des élections européennes, dans la circonscription Nord-Ouest. Elle devient, le 17 juillet 2009, la première vice-présidente de la commission Envi (Environnement, santé publique et sécurité alimentaire), et membre suppléant de la commission ITRE (Industrie, recherche et énergie), au Parlement européen[74].

En juin et juillet 2009, à la suite du mauvais score du MoDem aux élections européennes (qui n'obtient que 8,46 % des suffrages exprimés), elle remet en cause la stratégie du parti, trop orienté sur la personnalité et les choix de François Bayrou[75]. Elle appelle alors de ses vœux une alliance, au Parlement européen, entre le MoDem et Europe Écologie[76]. En tant qu'eurodéputée, elle intègre le groupe ADLE dont fait partie le MoDem[77].

Avec l'UNEF et SOS Racisme, elle manifeste en juin 2009 devant l'ambassade d'Iran, aux côtés de Jack Lang (PS), Nicole Guedj (UMP) et Marek Halter, contre le régime iranien[78]. Elle signe en août 2009, aux côtés de personnalités telles que Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, Anne-Marie Lizin, présidente honoraire du Sénat belge, Robert Redeker, philosophe, et Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste, la pétition "Halte à la burqa et au voile[79] lancée par la Ligue du droit des femmes. Avec d'autres personnalités publiques telles que Martine Aubry (PS), José Bové (Europe Écologie), Marie-Georges Buffet (PCF), Dominique de Villepin (UMP) et Marie N'Diaye, Corinne Lepage signe en décembre 2009 l'appel de Mediapart pour mettre fin au débat lancé par Nicolas Sarkozy et Eric Besson sur l'identité nationale[80].

Le 15 octobre 2009, elle annonce la création du club politique « Terre démocrate, l’imagination au pouvoir », dont la feuille de route tient en trois mots : « débat, échange et construction[81] ».

Du 13 décembre au 19 décembre 2009, elle est la seule députée européenne française de la délégation du Parlement européen au sommet de Copenhague. Elle témoigne dans plusieurs médias français et sur internet de l'évolution des négociations, et exprime son désarroi[82] face aux résultats de ce sommet[83], qu'elle considère comme un « échec collectif » au profit des « climatosceptiques » et des lobbies liés au pétrole[84].

Lors de la campagne des élections régionales de 2010, Corinne Lepage se montre particulièrement critique envers la stratégie du MoDem, qu'elle estime « refermé sur lui-même », mais dont elle veut continuer à « défendre les valeurs », « fût-ce contre son président[85] ».

Corinne Lepage a soutenu dans plusieurs médias la thèse selon laquelle les libertés publiques seraient trop peu garanties, voire en régression, dans la France contemporaine[86]. Ces déclarations rejoignent les attaques d'autres membres du MoDem[87] et du Parti socialiste[88] contre la politique mise en œuvre par l'UMP.

En 2008, Corinne Lepage s'engage dans une campagne ferme et déterminée contre le décret du Ministère de l'Intérieur instaurant le fichier de police Edvige[89]. Elle est alors le relais politique et médiatique des inquiétudes émises par de très nombreuses associations[90]. Elle dépose dès l'été 2008 un recours devant le Conseil d'Etat pour obtenir l'annulation de ce décret, qui devait permettre aux forces de police de recenser et collecter des informations d'ordre privé (orientation sexuelle, état de santé, données fiscales et patrimoniales…) relatives à toute personne âgée de 13 ou plus jugée « susceptible de porter atteinte à l'ordre public ». Ces informations pouvaient également être collectées au sujet de toute personne exerçant (ou ayant exercé) un mandat politique, syndical ou économique, ou bien jouant un « rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Suite à la mobilisation des acteurs publics, médiatiques, politiques, syndicaux et associatifs, le décret est finalement retiré le 20 novembre 2008, après plusieurs mois de refus de la part du ministère.

Corinne Lepage s'est opposée, dans la presse française et par le biais du Parlement Européen, à la loi Hadopi, destinée à protéger les œuvres artistiques et culturelles du téléchargement illégal[91]. La loi Hadopi, sous couvert de protéger la création, tendrait au contraire à limiter la liberté d'accès au réseau internet, et à instaurer « un flicage permanent de ce que chacun fait sur Internet[92] ». Parmi les actions que mène Corinne Lepage contre Hadopi, elle propose aux internautes l'un de ses livres sous la forme d'un volume broché (payant) et sous la forme d'un e-book en téléchargement gratuit[93]. Elle s'y déclare « vivement opposée à HADOPI et au contrôle politique d’internet[94] ». Corinne Lepage considère en outre que cette loi manifeste le « mépris » de l'UMP envers le parlement européen, « qui a voté un amendement défendant l'accès à Internet comme un droit fondamental[95] » (amendement 138/46 du Parlement européen, dit amendement Bono, qui stipule que l'accès au web est un droit fondamental, et que seul le pouvoir judiciaire peut en priver un citoyen européen).

Interrogée sur la question de l'homophobie et des droits LGBT, Corinne Lepage relie sans hésitation ce thème à celui des libertés publiques[96]. L'eurodéputée s'est personnellement engagée contre l'homophobie, notamment en apportant son soutien à l'association Le refuge, qui vient en aide aux homosexuels rejetés par leur famille à cause de leur orientation sexuelle[97].

Dans une interview réalisée en juin 2009 par le journaliste Marc Enderweld, Corinne Lepage déclare avoir « protesté contre monsieur Vanneste ». Elle se dit, à titre personnel, « favorable à une union civile permettant des droits équivalents au mariage, et à sa célébration en mairie » (ce qui créerait de facto une union réservée aux homosexuels, et qui ne porterait donc pas le nom de mariage, réservé aux seuls couples hétérosexuels)[98]. Sans être plus précise sur les conditions qu'elle sous-entend, elle se prononce également en faveur de « la reconnaissance de l'homoparentalité et de l’adoption, dans la mesure où c’est dans l’intérêt de l’enfant[99] ». Ces positions correspondent globalement à ce que décide le Modem au Congrès d'Arras en décembre 2009[100].

Membre d'Anticor et administrateur de Transparency International France, Corinne Lepage dénonce et combat la corruption politique et financière[101].

En 2003, elle déplore, dans un entretien accordé au siège du Secours catholique sur le thème de l'eau, que « la corruption, véritable moteur de la situation internationale aujourd'hui », soit « un problème dont on ne parle jamais[102] ». Elle précise en 2009, sur le site du quotidien d'information 20 minutes : « Corruption et pollution sont extrêmement mêlées. […] L'usage de paradis fiscaux par la criminalité organisée, comme par les fraudeurs du fisc et monteurs d'opérations dites optimisées, rend le sujet encore plus épineux. Le sujet est que l'intérêt général guide de nouveau les grandes décisions du monde, ce qui implique de lutter réellement contre la criminalité en col blanc, le copinage, le clientélisme et la prime au court terme.[103] »

Dans l'optique de la lutte contre la corruption, elle s'est déclarée très inquiète, en France, de la suppression du juge d'instruction, qui risque selon elle de « permettre une impunité de fait de la délinquance en col blanc », et d'aboutir « à la disparition de toute instruction d'affaires politico-financières et sanitaro-environnementales non désirée par l'exécutif ». De même, elle s'est indignée de la « disparition programmée des chambres régionales des comptes », qui ne peut que dégrader « notre résistance à la montée de la délinquance financière[104] ».

Outre ses interventions dans les medias généralistes en tant que vice-présidente du MoDem, députée européenne et spécialiste de l'environnement, par exemple sur France 2[105] ou dans le Monde[106], Corinne Lepage a été chroniqueuse aux Matins de France Culture de 2007 à avril 2009[107].

Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris. DES de Sciences politiques. Certificat d'aptitude à la profession d'avocat. Docteur en droit public (Université Paris II)

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Parcours
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* 1951 : naissance à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
* 1971 : diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris
* 1974 : DES de droit public, DES de sciences politiques, et certificat d'aptitude à la profession d'avocat
* 1975 : prestation du serment d'avocate
* 1978 : le cabinet Huglo-Lepage défend les collectivités bretonnes dans le procès de l'Amoco-Cadiz
* 1980-1987 : enseignante à l’Institut d’études politiques de Paris
* 1982 : Doctorat d'Etat en droit, mention Très Bien avec félicitations du jury
* 1987 : entrée au conseil de l'ordre des avocats
* 1989-1994 : chargée de cours à l’université Paris XII en urbanisme
* 1989-2001 : adjointe au maire de Cabourg dans le Calvados
* 1990-1994 : maître de conférences à l'Institut d’études politiques de Paris
* 1992 : Amoco perd son procès contre les collectivités bretonnes
* 18 mai 1995 - 2 juin 1997 : ministre de l'Environnement sous le gouvernement d'Alain Juppé
* 1996 : adoption par le Parlement de la loi sur l'air dite Loi Lepage
* 2000 : création du parti Cap21, dont elle devient la présidente
* 2002 : création de l'Ovale (Observatoire de vigilance et d’alerte écologique) avec Michèle Rivasi
* 21 avril 2002 : candidate à l'élection présidentielle
* 2006 : avocate des parties civiles dans le procès du naufrage de l'Erika
* 2007 : soutient la candidature de François Bayrou à l'élection présidentielle, et devient l'un des membres fondateurs de son nouveau mouvement politique, le Mouvement démocrate
* 15 juin 2008 - 17 mars 2010 : vice-présidente du MoDem
* 2008 : tête de liste MoDem dans le 12e arrondissement de Paris lors des élections municipales de 2008
* 7 juin 2009 : élue députée européenne dans la circonscription Nord-Ouest
* 15 novembre 2009 : lancement du club Terre démocrate
* 17 mars 2010 : annonce qu'elle quitte le Mouvement démocrate

Avocate depuis 1975. Maître de conférences puis professeur à Sciences Po (chaire de Développement durable depuis 1997) et successivement aux universités Paris II, Paris XII puis Saint-Quentin-en-Yvelines.

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Ouvrages
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* Code annoté de procédures administratives contentieuses, 1990
* Les Audits d'environnement, 1992
* On ne peut rien faire, madame le Ministre, 1998
* Bien gérer l'environnement, une chance pour l'entreprise, 1999
* La Politique de précaution, en coll. avec François Guéry, 2000
* Oser l'espérance, 2001
* De l'Écologie hors de l'imposture et de l'opportunisme, collection Temps critique, 2003 (ISBN 978-2877810746)
* Santé & Environnement : l'ABCdaire, 2005
* J'arrive, sous le pseudonyme de Catherine Médicis, 2005
* Ecoresp 2006, 2006
* L'Entreprise responsable. Sociale, éthique, “verte”… et bénéficiaire ?, de Cécile Jolly, préface de Corinne Lepage, Éd. du Félin, 2006 (ISBN 2-86645-617-3).
* Et si c’était elle, roman de politique fiction. Éditions Michalon, 2006 (ISBN 2-84186-320-4).
* Constitution pour une nouvelle République, 2006 (ISBN 2-35310-000-7).
* On efface tout et on recommence sous le pseudonyme de Catherine Médicis, 2006 (ISBN 9782841863129)
* Vivre autrement, Grasset, 2009 (ISBN 9782246753414)
* Entre colère et espoirs, livre broché et e-book, 2009 (ISBN 978-0-557-10979-1)
* Sans le nucléaire, on s'éclairerait à la bougie, en collaboration avec Jean-François Bouvet, Seuil, 2010

Source : fr.wikipedia.org/.../r.wikipedia.org/wiki/Corinne_Lepage
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