Richard Dewitte est né le 13 juin 1946 à Bois-Colombes. A l'âge de 9 ans, suite à un déménagement, il "hérite" du piano de ses voisins. Ayant déjà la batterie dans le sang, il se met à apprendre tout seul à jouer du piano, à l'oreille, en jouant tous les jours pendant des heures. Ainsi, pendant des années, il va se passionner de plus en plus pour la musique, jusqu'à ce que, en 1962, il crée son premier groupe : "Les Morris" avec Serge Koolenn et son chanteur Philippe.
En 1964, cet inconditionnel des Beatles, crée avec ses acolytes "Les Piteuls", une parodie des Beatles qui leur vaut un triomphe au Golf-Drouot" et de nombreux articles dans la presse Rock de l'époque. Puis, viendrons d'autres groupes comme "Pierre, Paul ou Jacques", "Le Bain-dis-donc", et "Les Corsaires".
1968, nouvelle année, et nouveau groupe. Cette fois, le groupe s'appelle "les Jerry-Roll". On est en pleine période R'nB, avec Otis Redding, James Brown, etc. A ce moment-là, le groupe sort un 45 tours chez Polydor, intitulé :"Je travaille à la caisse", qui est en fait l'adaptation d'un titre de Otis Redding, et dont Richard Dewitte, signe, en tant qu'auteur, l'adaptation française. Ce single marche plutôt bien, et fait encore, aujourd'hui référence, chez les collectionneurs de disques.
Ils vont ensuite accompagner Charles Trenet pendant toute une année." il nous a même fait enregistrer un disque sous le nom du "bain dis donc" chez Polydor, avec un titre composé exprès pour nous : "Renaud la guerre" , se souvient Richard. Malheureusement, ce titre ne marchera pas.
C'est également à cette époque qu'il est recruté en compagnie de son comparse, Serge Koolenn, par le grand Michel Polnareff, qui cherchait une formation jeune et pop, pour l'accompagner sur scène. Le duo Dewitte-Koolenn, franchit à ce moment-là, un palier très important. "Ça a collé tout de suite, et nous avons pendant deux ans et demi, parcourus la planète, de l'Amérique du sud, en passant par le Japon, toute l'Europe, j'en passe et des meilleures ! Bref, avec Polnareff, on s'est "éclaté", et le mot est faible !" se souvient Richard Dewitte. Le groupe très marqué par cette expérience composera d'ailleurs en 1975, une très jolie chanson en hommage à Michel Polnareff, intitulée "Polnarevient".
Malheureusement, en novembre 1970, suite à de graves problèmes de santé, et de finances, Michel Polnareff est contraint de quitter la scène, et décide de s'enfuir aux Etats-Unis. Suite à cela, le groupe se retrouve au chômage, et, est contraint de se séparer. Pendant cette période difficile, Richard, sera tour à tour, "D.J", barman, acteur dans la troupe du théâtre "Go", fera une tournée en Europe avec le "music-hall du fantastique" pour "la fiancée de Frankenstein". Durant cette période, Richard est contraint de mettre la musique de côté, jusqu'à ce que, en 1971, Serge Koolenn, qui vivait déjà avec Joëlle, à Colombes, lui propose de monter un trio, genre "Mamas and Papas". Richard accepte, et le trio est rapidement rejoint par Jean-Louis Dronne, dit "Loulou", Lionel Gaillardin et Daniel Shnitzer.
Le 25 décembre 1971, "Il était une fois" se produit pour la première fois sur scène lors d'un gala à Dieppe. Six jours plus tard, ils passent au Golf Drouot. Tout s'enchaîne. Sacha Distel accepte de les parrainer, et Aldo Martinez, de les manager. Le déclic va avoir lieu en 1972. "Richard avait inventé un air, la version rock d'une chanson de Marcel Amont. Il nous l'a fait écouter un après-midi. A minuit, "Rien qu'un ciel" était chanté et mixé. Sans ce titre, il n'y aurait pas eu de phénomène, juste un bon album", se rappelle Serge Koolenn.
Le titre "Rien qu'un ciel" qui a été écrit et composé par Richard Dewitte, va devenir le tube de l'été 1972, et va ainsi révéler au grand public le talent du groupe.
De 1972 à 1979, "Il était une fois" va aligner les tubes : "Rien qu'un ciel", "Les filles du mercredi", "Que fais-tu ce soir après dîner", "C'était l'année dernière", "J'ai encore rêvé d'elle", "Viens faire un tour sous la pluie", "Il a juste besoin d'un bateau", "Mescalino", "Pomme".
Le formidable succès de ces chansons est du, dans la plupart des cas, au tandem Serge Koolenn et Richard Dewitte. Serge Koolenn se chargeant de faire les textes, et Richard Dewitte de composer les musiques.
De plus, c'est, c'est Richard qui chante en 1975 :"J'ai encore rêvé d'elle", la chanson qui va amener le groupe au sommet de sa gloire. En 1977, c'est la consécration, le groupe se retrouve en covedette, avec Joe Dassin, à l'Olympia. Ces années seront également marquées, par de nombreux duos mémorables, en compagnie de Joe Dassin, Julien Clerc, ou Enrico Macias.
A la fin de l'été 1979, le groupe fatigué par trop de pressions et de tensions, décide de se séparer.
Richard Dewitte entame alors une carrière solo. Il signe un contrat de cinq ans chez EMI, et sort son premier album "Coups d'éclat dans le cœur", en 1980, en choisissant comme producteur, celui de "Il était une fois" : Laurent Thierry-Mieg (avec lequel il s'entendait très bien). Après avoir travaillé avec de nombreux auteurs, notamment Gregory Ken ("Chagrin d'amour", plus tard), Bob Decout, Lionel Gaillardin (ex-"Il était une fois"), et beaucoup d'autres, ils enregistrent au "Morgan Studio" à Wembley, en Angleterre, sous la direction de Barry Morgan (1° batteur de Elton John, et patron du dit studio), qu'avec des musiciens anglais, ainsi que les trois choristes de Joe Cocker.
"L'album est splendide, exactement, comme je l'avais rêvé, mais les médias français, ne l'ont pas entendu de cette oreille, trop traumatisés, sans doute, par la fin de "Il était une fois", encore toute récente": se souvient Richard Dewitte. L'album connaît un succès d'estime, excepté au Québec, où, ils adorent. Il est N°1 partout avec "Ne m'en veux pas" et peu après avec "Elle aimait le sud", en 1981. "Je suis parti à deux reprises là-bas" se rappelle Richard, "j'ai été accueilli comme une star pendant ces séjours. Je volais de radios en télés, d'interviews en réceptions, et mon nom et mes photos remplissaient des pages entières de magazines et de journaux. J'étais comblé !!!"
A la même époque, Claude-Michel Shoenberg, envisage de mettre en musique "Les misérables". Il en parle à Richard Dewitte, et lui propose même, d'interpréter le rôle de "Marius" dans ce projet. Richard commence à travailler chez Claude-Michel Shoenberg, tous les jours avec les autres membres de la troupe, et en quelques mois, ça tenait la route à tel point que Robert Hossein, était très intéressé pour en faire un spectacle. On connaît la suite...!! Richard Dewitte, n'a personnellement pas participé au spectacle, car trop accaparé par la promotion de son album. "Je ne pouvais pas faire la promo de l'album, en même temps, ça aurait été impossible à gérer. Donc j'ai choisi mon album" se souvient Richard.
Toutefois, il est bien présent sur le double l'album des "Misérables", où, il chante toutes les interventions de Marius.
En 1981, fortement inspiré d'un titre des Korgis, qu'il écoutait sans arrêt, il compose ce qui allait devenir "Elle aimait le sud». En s'inspirant des harmonies des dits Korgis, Didier Barbelivien, après plusieurs essais qui ne convenaient pas à Richard Dewitte, trouve enfin le texte : "elle aimait le sud, les oiseaux et la solitude,...etc...", que Richard trouve à son goût.
Ça démarre fort sur RMC, qui passe le titre, six fois par jour sur son antenne. A part RTL qui pense que "elle avait quelque chose NOM DE DIEU" ne colle pas vis à vis de son auditoire, le disque se vend bien. Richard fait plusieurs télés, de la promo tous azimuts et tout se passe bien! C'est le tout début des "radios libres", et des copains (Jean-Pierre DAMICO, Mitsou, Chris Dobat, et quelques autres) "montent" NRJ, dans un studio d'habitation, rue du télégraphe, à Paris, dans le 20ème, avec l'émetteur sur le balcon, le stock de disques dans la salle de bain et la cabine dans le placard à balais. "On s'éclatait bien, on passait que la musique qu'on aimait, sans contraintes et sans imaginer une seconde que l'aventure irait beaucoup plus loin et continuerait encore. Aujourd’hui, on sait où en est NRJ depuis !!! " se souvient Richard.
Après "Elle aimait le sud", il enchaine les 45 tours, enregistrant même le générique d'une série télé pour enfant diffusée pendant plus d'un an sur Antenne 2, "Spectreman", qui s'est d'ailleurs très bien vendue. Pour ce titre, il recevra même un disque d'or !
Malheureusement, après cela ses autres disques ne marchent pas. Tant et si bien que Pathé Marconi lui rend son contrat, faute de résultats.
Richard Dewitte se retrouve alors sans maisons de disque, en quête d'un nouveau producteur. Il le trouve, en la personne de Jean-Jacques Soupplet (Jeanne Mass, Gérard Blanc, Cabrel et bien d'autres!) Après s'être arrêté sur un titre "Fou jusqu'au bout" que Richard avait composé avec son ami Frédéric Zeitoun (France 2, Europe 1), et l'enregistre dans de très bonnes conditions. Un clip est même tourné. Tout semble "baigner", ça sonne super bien et Jean-Jacques soupplet, son nouveau producteur est emballé !
Malheureusement, Richard Dewitte ne va encore pas avoir de chance, car entre un procès avec Gérard Blanc et un autre avec son associé et beau-frère, la production dépose le bilan en plein début de promotion de son disque. Donc, au pire moment. Ainsi, tout tombe à l'eau et il se retrouve une fois de plus à la case départ et obliger de se lancer à nouveau à la recherche d'un "mécène"!
Ce mécène il va le trouver mais comme il le dit :"Je suis tombé, car trop confiant et impatient, sur un véritable escroc qui m'a promis la lune, pour en fin de compte, me retrouver "planté" encore une fois, après avoir enregistré un album, intitulé "un homme aussi..." que j'ai mis une bonne année à enregistrer, mais dont aucune maison de disques ne voulait." Résultat, on lui fait cadeau des bandes en lui disant de se débrouiller tout seul. "Il faut avouer que j'ai vraiment pas eu de "bol"! se souvient Richard.
En 1992, marque toutefois le retour au premier plan d'Il Etait Une Fois, avec la sortie de la première compilation du groupe qui sort en CD. C'est l'occasion pour Richard, de faire quelques passages dans des émissions de variétés comme "Sacrée Soirée", "Sébastien c'est fou" ou "Le bar de la plage" présentée par Thierry Ardisson.
Ensuite, "En désespoir de cause, j'ai signé avec une espèce de gangster avec lequel j'ai enregistré "chagrin pour soi" mais qui n'a jamais été commercialisé, vu l'incompétence des gens qui devaient, soit disant, s'en occuper!" se rappelle, amer, Richard. "Après toutes ces mésaventures, il y a de quoi être plus que dégoûté, c'est pourquoi, comme Il Etait Une Fois continuait à me faire vivre (heureusement!) J'ai décidé de laisser tomber ma "carrière solo", pour ne plus me consacrer qu'au groupe et défendre ce patrimoine, beaucoup plus important à mes yeux que tout le reste! C'est pourquoi, maintenant, je ne me consacre plus qu'à ça, je défend la mémoire de Joëlle et d'IEUF, et ma foi, je suis bien plus heureux comme ça!"
D'ailleurs, le groupe et ses chansons semblent éternels. Ainsi, le 11 mai 2002, dans l'émission "La chanson N°1" sur France 2, dédiée aux chansons cultes des années 70, on a eu le privilège de voir Richard Dewitte interpréter la chanson qui a fait la gloire de Il était une fois, "J'ai encore rêvé d'elle". Richard Dewitte au piano, a interprété cette chanson d'anthologie en direct, alors que sur une écran géant derrière lui, défilait des photos de Joëlle. Ce fut un grand moment d'émotion que le public a salué à sa manière en élisant "J'ai encore rêvé d'elle" plus belle chanson des années 70 de la soirée, devançant des tubes tels que "Alexandrie, Alexandra" ou "Born to be alive". Autant dire un véritable exploit !
Source :
www.marie-chanteuse.info/.../e-chanteuse.info/richarddewitte.php