Hubert Félix Thiéfaine : Scandal Mélancolique
Thiéfaine : En Concert - Vol. 2
Hubert-Félix Thiéfaine, dit HFT, est un auteur-compositeur-interprète français né à Dole dans le Jura le 21 juillet 1948.
Bien que peu présent dans les grands médias, Hubert-Félix Thiéfaine connaît un succès relativement important depuis le début de sa carrière : plusieurs de ses disques ont été consacrés disques d'or et ses concerts font régulièrement le plein grâce à la fidélité et l'attachement de son public. Son manager au sein de leur société, Lilith, est Francine Nicolas avec qui il a eu deux garçons, Hugo et Lucas, pour qui il a écrit respectivement Septembre rose et Tita dong dong song.
La famille de Thiéfaine est originaire du village de Sampans, dans le Jura (son oncle y était curé), mais vivait à Dole[1]. Fils d'une famille de six enfants (il a écrit une chanson pour ses parents intitulée When Maurice meets Alice dans l'album Scandale mélancolique), il passe sa scolarité dans plusieurs établissements de la ville tant publics que privés. Dans le même village vit le futur guitariste Claude Mairet, dont la carrière est par la suite intimement liée à la sienne. Il passe quatre ans au petit séminaire en vue de devenir prêtre, puis s'inscrit à des études de psychologie à Besançon. C'est sur le campus de cette même ville qu'il rencontre Tony Carbonare, futur collaborateur en tant que musicien, arrangeur et manager.
C'est avec lui qu'il va à Paris tenter sa chance en 1971, où il commence par trouver gîte et couvert pour lui-même et ses textes hallucinés au Club des Poètes, de Jean-Pierre Rosnay. Il habitait alors dans la chambre de bonne de la famille Rosnay et participait deux fois par semaine à leurs spectacles de poésie, rue de Bourgogne. Après des années très difficiles, à la demande de Tony Carbonare, il travaille avec le groupe Machin et réalise son premier album, Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir, composé de morceaux écrits dix ans auparavant. De la collaboration avec le groupe Machin et Tony Carbonare naissent au total trois albums dans lesquels les textes de Thiéfaine sont rehaussés par les arrangements baroques de Tony Carbonare. À partir de 1980, Thiéfaine s'oriente vers un style plus rock : citons l'album Soleil cherche futur qui a connu un certain succès avec la chanson Lorelei sebasto cha en 1982 et Alambic/Sortie sud, cosigné avec Claude Mairet à l'écriture musicale. En 1988, il rompt avec Claude Mairet et sa maison de disques Sterne, et enregistre deux albums aux États-Unis (Chroniques bluesymentales en 1990 et Fragments d'hébétude en 1993). Depuis les albums-miroirs La Tentation du Bonheur (1996) et Le Bonheur de la Tentation (1998), sa musique, volontiers mélancolique, s'ouvre aux nappes de synthétiseurs. En 1998, il remplit la salle de Bercy sans aucun appui des médias. Le concert fait l'objet d'un album et d'un DVD. En 2001, il participe à la composition de l'album Brotherhood, du groupe dolois Kerplunk, en écrivant le texte de la chanson Lobotomie Sporting Club.
Son album Scandale mélancolique, sorti en 2005, fait volontiers référence à un passé tantôt heureux, tantôt difficile, à un avenir incertain, ou encore à ses sources d'inspiration (le Jeu de la Folie). Le morceau Télégramme 2003, quant à lui, est un message de soutien à Bertrand Cantat. Sur cet album, Thiéfaine a choisi de collaborer avec de nouveaux musiciens, dont Matthieu Rabaté (batteur) et Philippe Paradis (guitariste), tous deux musiciens de Zazie. Il est l'auteur de tous les textes sauf un (That Angry Man on the Pier), et a laissé le soin à la jeune génération d'auteurs-compositeurs français, au nombre desquels on peut citer Cali ou encore Mickey 3D, de composer les musiques. Un album live (accompagné d'un DVD) enregistré lors du concert au Zénith de Paris le 17 novembre 2006 et intitulé Scandale mélancolique tour a été également mis en vente.
Thiéfaine est sollicité en 2007 pour composer des chansons pour un nouvel album de Johnny Hallyday, de même que Paul Personne pour les musiques, le tout n'étant finalement pas retenu. Ce matériel sera la base de l'album Amicalement Blues, enregistré au Studio ICP à Bruxelles, qui sort le 12 novembre 2007. Une mini-tournée, qui passe entre autres par l'Olympia, suit en 2008.
En mars 2009, pour les « un peu plus que 30 ans de carrière », sort un best-of (que Thiéfaine nomme Best-hier), Séquelles, en 3 CD, comportant un titre inédit, Annihilation.
Son prochain album, Suppléments de mensonge, sortira officiellement le 28 février 2011. Il sera suivi d'une tournée baptisée Homo Plebis Ultimae Tour et un concert est prévu à Paris-Bercy le 22 octobre 2011.
L'une de ses chansons les plus connues, La Fille du coupeur de joints, figurant sur son premier album, traite, sous un aspect festif, de la consommation de cannabis. L'imagerie des « consommateurs de substances psychotropes » est un des thèmes récurrents de son œuvre, notamment dans Solexine et Ganja, Exil sur la planète fantôme, Narcisse 81.
Parmi ses grands classiques, Alligators 427, une ironique ode à la mort inspirée par la peur du nucléaire et par une alerte médicale, ou encore Les Dingues et les Paumés ou Lorelei Sebasto Cha.
Parmi ses thèmes de prédilection, la folie (Le Jeu de la folie), la critique de la société (Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot « coupable ») et la mort (Maison Borniol).
Chanteur-poète écorché vif, évoluant toujours aux marges du langage institué, il tire son inspiration d'écrivains comme Rimbaud, Baudelaire ou Lautréamont qu'il cite dans ses textes. Sa créativité n'a jamais perdu l'humour truculent (Psychanalyse du singe), voire le non-sens (22 mai) de ses débuts, mais le cynisme (La Terre tremble) et le désespoir (Crépuscule-Transfert) y ont une part plus importante. Il sait célébrer tous les plaisirs (Sentiments numériques revisités) : sexe, drogues... et rock'n roll. C'est le maître des ambiances à la fois décadentes (Cabaret Sainte-Lilith) et charmeuses, rejoignant souvent la puissance imaginaire et artistique d'un Manset, d'un Gainsbourg ou d'un Léo Ferré.
Hubert-Félix Thiéfaine ne trouve pas uniquement ses influences dans la poésie française. Les auteurs de la beat generation forment une part importante de cette influence.
La plupart de ses textes sont des odes à la vie, ou du moins, à la manière de l'approcher, et à la mort. Entre ces deux extrêmes, on rencontre l'éloge de la folie, de la littérature, du sexe, de la drogue, et malgré tout, du genre humain...
Source :
fr.wikipedia.org/.../ki/Hubert-F%C3%A9lix_Thi%C3%A9faine