Thierry Lodé, né en 1956 à Tarbes, est un biologiste français, professeur en écologie évolutive (voir biologie évolutive) et spécialiste de la sexualité des animaux. Auteur de près de 150 articles scientifiques, il est aussi impliqué en biologie de la conservation.
Dans son livre La guerre des sexes chez les animaux, consacré à l'étude du conflit sexuel, Thierry Lodé révèle « chez les animaux, la sexualité est une série d'affrontements entre mâles, de coups de griffes entre femelles et de bagarres générales entre mâles et femelles. La copulation ne constitue finalement qu'une trêve relative. En sexualité, il n'y a pas de normes, seulement des variations et depuis l'homosexualité animale à la partouze des bonobos, tout semble permis. Darwin n'a qu'à bien se tenir » (D'après FM, l'hebdo de Lausanne). L'analyse du conflit sexuel montre l'importance des processus de co-évolution antagoniste dans l'évolution. Le conflit sexuel entraîne un processus de co-evolution antagoniste dans lequel un des sexes évolue en développant des traits manipulateurs tandis que l'autre sexe (souvent les femelles) contre cette évolution en manifestant des caractéristiques de résistances. ce phénomène conduit à ce que Thierry Lodé appelle, le tir à la corde évolutif. C'est l'existence de la diversité des stratégies sexuelles qui entraîne l'émergence des espèces nouvelles (spéciation), la biodiversité est donc d'abord amoureuse. Pour Thierry Lodé, la sexualité exclusive (monogamie exclusive, homosexualité exclusive, polygamie), n'existe pas dans la nature à l'exception de rares cas de monogamie obligatoire comme chez les (manchots). Enfin, l’attraction qu’exerce la beauté proviendrait biologiquement de l’effet du stimulus supranormal (voir beauté).
Ses travaux scientifiques comportent des articles sur la conservation de la biodiversité (Vison d'Europe, Loutre, Castor, Hibou moyen-duc), des articles d'écologie (écologie du putois,de la fouine etc...) et surtout de nombreux articles sur les stratégies sexuelles des carnivores et des grenouilles, notamment l'article traitant de l'influence de la prédation du putois sur la sexualité des grenouilles (polyandrie) dans la revue Proceeding from the Royal Society Biology [1].
Directeur du laboratoire d'écologie animale de l'Université d'Angers jusqu'en 2002, il a été codirecteur de l'UMR MA Paysages et Biodiversité avant d'intégrer en 2006 l'équipe "UMR 6552 CNRS Rennes 1 EVE" (Ethologie éVolution Ecologie) de l'Université de Rennes 1.
Thierry Lodé s'est largement impliqué dans la protection de la nature et la conservation des carnivores sauvages. Il est aussi un militant libertaire. Il s'est engagé dans de nombreuses luttes sociales. Fervent partisan de l'abolitionnisme (prison) des peines carcérales[2], il a aussi développé des activités pour la liberté de la contraception dans "CHOISIR" notamment, et il est contre l'institution du mariage, pour l'égalité entre les sexes et pour une sexualité s'affranchissant des tabous des sociétés contemporaines. Il collabore au journal l'Endehors[3].
Se situant dans le droit fil d’une biologie théorique, Thierry Lodé élabore une pensée critique de la vision totalisante de la sociobiologie, de l’écologie comportementale et du néodarwinisme actuel.
La sexualité ne peut se réduire à la reproduction. Apparue précocement dans l’évolution, la sexualité serait une réplique des organismes à la présence de pathogènes. En facilitant l’évolution du système immunitaire, la sexualité se constituerait secondairement comme une entreprise de diversité. La nature ne retient pas d’autres normes que la diversité des conduites sexuelles.
Le baiser Thierry Lodé affirme que le french kiss a une autre fonction: celle de l'échange de salive, qui permet aux partenaires d'explorer le système immunitaire de l'autre et d'écarter les personnes qui ont une trop grande parenté génétique. Car, dans la logique de l'évolution, le partenaire idéal est celui qui apporte la diversité, garante de la santé de la progéniture. Son identification déclenche la suite du processus: le consentement amoureux, le désir (Cité par A Lietti dans le journal LE TEMPS [1]. A l'origine, cette exploration par la salive de l'intimité de l'autre apporte une détection de cette diversité du système immunitaire. Car le sexe est né de la lutte contre les pathogènes qui eux savent muter sans cesse. En diversifiant l'immunité de la progéniture, la sexualité répond aux pathogènes. Alors, par emballement, cela crée le désir. Nullement la progéniture, le désir....car cette exploration des salives permet d'être amoureux, quelque soit le sexe de l'autre.
La guerre des sexes apparait comme essentielle aux êtres vivants. La sexualité en partageant le vivant en deux entités entraîne un conflit sexuel évolutif, où chaque sexe contredit l’autre et fait de la résistance selon une stratégie de tir à la corde. A noter que Thierry Lodé prend ce terme sous une acceptation plutôt très large, incluant le conflit générationnel et peut être même la concurrence entre les espèces, se situant ainsi dans la lignée des théories de la coévolution insistant sur le rôle des interactions antagonistes. Il inclut une théorie de « l’amour libre. »
La spéciation sympatrique ou formation d’espèces sans rupture géographique au flux génétique, serait plus courante que ce que l’on pense. Un gradient de l’évolution qui irait de la sympatrie jusqu’à une allopatrie parfaite (séparation géographique), conduirait à l’apparition des espèces nouvelles. Ainsi, « la spécialisation phénotypique précède la différenciation spécifique ».
La séduction et la beauté, découlerait directement des bases biologiques du désir. Décrivant les caractéristiques extravagantes des animaux ou caractères hyperthéliques (la queue du paon) comme des stimulus supranormaux, Thierry Lodé en déduit que la fascination qu’ils provoquent proviendrait de traits biologiques anciens, produit d’une tendance évolutive à l’exagération. Un autre aspect de la beauté, définie à partir de caractères biologiques met en oeuvre, selon Thierry Lodé, le système immunitaire des partenaires sexuels, c'est l'attirance pour les traits symétriques. En effet, la symétrie bilatérale fondamentale du corps est altérée par des accidents de croissance souvent dus à des maladies, ce qui révèle l'affaiblissement du système immunitaire. En choisissant des partenaires sexuels aux traits symétriques, l'animal sélectionne un partenaire disposant d'un système immunitaire transmissible à sa progéniture et indemne de maladies. Les fluctuations asymétriques mettent en évidence l'état de santé et les faiblesses génétiques des partenaires.
La génétique: Thierry Lodé reproche aux théories de la sociobiologie (les théories du bon choix) de privilégier une approche fondée sur le tout génétique. Il n’y a pas de « bons gènes » non plus que tendance évolutive à chercher la meilleure reproduction. De nombreuses espèces ne ferait que de l’esbrouffe, du bluffe, ce que l’auteur nomme la « propagande de guerre ».
Le créationnisme essaye d’imposer un point de vue rétrograde, à travers l’hypothèse de l’ « intelligent design ». Pour Thierry Lodé, il s’agit d’un retour aux spéculations sectaires présupposant une direction au processus biologique.
La vie sociale: Refusant la théorie génétique de la parentèle, Thierry Lodé propose le conflit sexuel comme fondement du regroupement des individus.
L’homosexualité serait naturelle, directement issue de la séduction, et n’aurait pas de bases génétiques, mais ferait simplement partie des orientations possibles. Il ne s’agit donc pas d’une théorie de la bisexualité fondamentale comme chez les Freudiens, mais plutôt d’une théorie de la séduction.
La monogamie serait issue de la tendance des mâles à garder les femelles. La contrainte exercée par les conditions de l’environnement et entraînant une « destruction mutuelle assurée » favoriserait le maintien de la stratégie monogame dans l’évolution.
La biodiversité amoureuse: Le fondement du vivant, c’est que l’attrait amoureux construit de la biodiversité et que la diversité à son tour engendre de la diversité.
Source :
fr.wikipedia.org/.../ikipedia.org/wiki/Thierry_Lod%C3%A9