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Pierre Abélard ou Pierre Abailard ou encore Pierre Abeilard (né en 1079 au Pallet près de Nantes - mort le 21 avril 1142 près de Chalon-sur-Saône) est un théologien, philosophe et compositeur breton ayant vécu en France. Il a été un des principaux acteurs du renouveau des arts du langage au début du XIIe siècle. Après son entrée en religion, ses travaux de théologien ont suscité la critique des autorités ecclésiastiques (concile de Soissons, 1121 ; concile de Sens, 1141). Il est encore plus célèbre pour sa liaison avec Héloïse et les lettres échangées par le couple. Le 16 juin 1817, ses restes et ceux d'Héloïse ont été transférés au cimetière du Père-Lachaise[1

Pierre Abélard est issu d'une famille noble. Sa mère se prénommait Lucie, son père, Béranger, lequel se chargea de l'éducation de ses enfants. Pierre eut trois frères et une sœur : Raoul, Porcaire, Dagobert et Denyse[réf. nécessaire]. Il mourut à 63 ans.

Il ne souhaitait pas faire le métier des armes. Après l'éducation que lui apporta son père, il suivit l'enseignement de Roscelin de Compiègne à Loches, et sans doute celui d'autres maîtres dans la vallée de la Loire (notamment à Angers et Tours [réf. insuffisante][2]), puis vint à Paris vers 1100. Il y suivit l'enseignement de Guillaume de Champeaux, archidiacre de Notre-Dame, mais il s'opposa vite à celui-ci dans la Querelle des Universaux en prenant parti contre le réalisme, ce qui fera des deux hommes des rivaux jusqu'à leur mort.

À Paris, comme à Laon où il étudie ensuite auprès d'Anselme, alors que Guillaume de Champeaux a réussi à l'écarter de son enseignement parisien[réf. nécessaire], Abélard se fait remarquer par l'originalité de sa pensée et son caractère incommode (qui sera souvent source de ses ennuis)[réf. nécessaire].

Revenu vers 1102 à Paris et devenu maître (nom donné à un enseignant dans le monde médiéval) où il rompt avec l'école capitulaire de Notre-Dame, il s'installe dans les environs de Paris sur la montagne Sainte-Geneviève où il fonde une école de rhétorique et de théologie ouverte par lui-même où il s'établit en 1108. Dans cette école, il enseigne la rhétorique et la philosophie scolastique, et propage ses idées dans les écoles de Melun, de Corbeil et de Paris. Il jouit très rapidement d'une grande renommée dans le monde des intellectuels et passe vite pour l'un des philosophes les plus importants de sa génération[réf. nécessaire].

C'est un maître brillant qui a un grand succès. Cette école fut fréquentée par des auditeurs de toutes les nations, et d'où sortirent plusieurs hommes célèbres, tels que Jean de Salisbury, Robert de Melun, Pierre Lombard, Gilbert de la Porrée ou le pape Célestin II[réf. nécessaire].

Il débute tardivement ses études de théologie, mais son succès est aussi important dans l'enseignement de cette matière que la philosophie. Il se trouve opposé à des personnalités éminemment importantes comme Bernard de Clairvaux et Guillaume de Saint-Thierry, qui le considèrent comme un hérétique au vu de ses positions théologiques et doctrinaires sur la question de la trinité et sur la foi[réf. nécessaire]... « La foi, disait Abélard est l'opinion qu'on se fait des réalités cachées, non évidentes »[3]. Or la foi n'habite pas dans le cœur de l'homme à la manière d'une opinion[4], elle est un don (une grâce) de Dieu que nous ne pouvons acquérir par nous-mêmes, mais que nous pouvons soit accepter soit refuser[5]. Dans une longue Disputatio[6], Guillaume de Saint-Thierry réfute treize propositions d'Abélard, puis il alerte Bernard de Clairvaux par lettre. Finalement, le concile de Sens condamne Abélard en juin-juillet 1140.

En se rendant à Rome pour faire appel de sa condamnation, Abélard accepte l’hospitalité de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui l'installe au prieuré clunisien de Saint-Marcel, près de Chalon-sur-Saône, où il meurt le 21 avril 1142. A la demande d'Héloïse, Pierre le Vénérable autorisa le transfert de son corps au Paraclet. A son décès, en 1164, Héloïse, fut enterrée à ses côtés. Après l'expulsion des dernières religieuses du Paraclet, en 1792, les reliques, d'abord exposées à Nogent-sur-Seine, furent l'objet d'une dévotion dans les cercles romantiques. Alexandre Lenoir, qui avait obtenu l'autorisation de transférer les restes à Paris en 1800, en fit de nombreux cadeaux aux adorateurs du couple [7]. Finalement, en 1817, la ville de Paris, autorisa la construction d'un mausolée près de l'entrée du cimetière du Père-Lachaise, destinée à promouvoir ce nouveau lieu.

On peut voir aujourd'hui les restes du monastère (le Paraclet) fondé par Abélard près de Nogent-sur-Seine.

La vie de Pierre Abélard est connu grâce à sa correspondance : Lettres d'Abélard et d'Héloïse. Celle-ci comprend d'abord une longue lettre adressée à un ami inconnu (qui n'est peut-être qu'un personnage imaginaire), dans laquelle Abélard expose les malheurs et persécutions qu'il a subis, comme un exemple théologique démontrant que la providence divine vient au secours des pécheurs : l’Historia Calamitatum (« L'Histoire de mes Malheurs »).

Recevant cette lettre au prieuré du Paraclet, où Abélard l'a installée après son expulsion d'Argenteuil, Héloïse reproche à son époux de ne pas lui avoir adressé de lettre de consolation et de direction religieuse. Leur célèbre échange de lettres se poursuit par un dialogue intellectuel – Abélard rédigeant une règle pour le Paraclet (où elle n'a jamais été en usage), puis répondant à des questions exégétiques posées par Héloïse (les Problemata Heloissae) et lui dédiant d'autres œuvres.

A plusieurs reprises, depuis deux siècles, l'authenticité de cette correspondance a été contestée, jusqu'à proposer que le texte latin en ait été rédigé par son traducteur français, Jean de Meung [8]. L'authenticité des lettres est aujourd'hui admise presque unanimement par la communauté des historiens. Il a récemment été démontré que le plus ancien manuscrit survivant a été produit à Paris dans les années 1230 [9].

Notre-Dame. Après avoir été éduquée au monastère d'Argenteuil, elle obtint de poursuivre des études avec un précepteur. Abélard, choisi pour ce rôle, vint s'installer en pension chez Fulbert. S'ensuit une liaison amoureuse entre le maître et sa jeune élève. Dans l'Historia calamitatum, Abélard noirçit volontairement les circonstances de cette liaison. Dans ses lettres écrites du Paraclet, Héloïse rappelle qu'à l'époque, Abélard l'inondait de lettres pressantes. Certains historiens pensent avoir identifié ces documents dans un recueil de lettres d'amour anonymes, les Epistolae duorum amantium[10].

Le scandale éclate en deux temps. Après que Fulbert découvre la liaison, Héloïse révèle à Abélard sa grossesse. Il la met alors à l'abri dans sa famille, au Pallet, où elle met au monde un fils qu'elle nomme Astrolabe. Pendant ce temps, à Paris, Fulbert veut obtenir réparation. Malgré les protestations d'Héloïse, qui s'oppose au mariage dans une lettre (dont des extraits ont été insérés par Abélard dans l'Historia calamitatum[11]), Abélard cède à Fulbert, et ramène Héloïse à Paris, l'enfant demeurant chez sa sœur Denise.

Afin de préserver la carrière d'enseignant d'Abélard, le mariage a lieu à l'aube, en présence de peu de témoins, et ne doit pas être rendu public. Mais le chanoine Fulbert révèle le mariage au grand jour. Abélard ayant placé Héloïse au couvent d'Argenteuil, pour la protéger de son oncle, le chanoine crie à la répudiation, et envoie des hommes de main punir Abélard. Celui-ci est émasculé : le scandale est énorme, car c'est une punition réservée aux adultères. De plus, rendant Abélard imparfait de corps, cette mutilation met un coup d'arrêt brutal à sa carrière ecclésiastique, et par la même à son enseignement. S'agissant d'une vengeance privée, commise au sein même du chapitre de Notre-Dame et sur le plus illustre clerc de son temps, elle consterne tout le royaume. Les deux malfrats sont punis de la loi du talion (en prime, on leur crève aussi les yeux), et Fulbert est suspendu de ses fonctions de chanoine pendant deux ans. Héloïse prend le voile à Argenteuil, et Abélard se retire à Saint-Denis.

Pierre Abélard est un spécialiste du langage. Chez lui, la dialectique s'apparente à la logique. Avant Descartes, il pratique le doute méthodique : « En doutant, nous nous mettons en recherche, et en cherchant nous trouvons la vérité ».

Abélard fut sans doute le plus grand défenseur du nominalisme au Moyen Âge. Il s'attaque au réalisme enseigné par Guillaume de Champeaux et au nominalisme de Roscelin. Il réussit à dépasser les contradictions de ces deux doctrines dans un système : le conceptualisme (ou théorie non-réaliste du "statut"). Essayant de sortir de l'opposition entre vox (voix) et res (chose), il remplace la voix par le mot (nomen). Les mots sont conventionnels, mais ils ont une valeur significative pour la pensée. Ce sont des termes qui par fonction ont le pouvoir d'être attribués à plusieurs. C'est le langage qui est créateur de termes universels. Ce qui correspond dans la réalité aux universaux, c'est une chose à l'individualité irréductible. L'universel est donc une appellation conventionnelle. L'esprit opère sur l'individuel un travail d'abstraction qui le dépouille de ses particularités pour ne considérer que les éléments communs. Les universaux ont donc un fondement objectif dans la réalité.

Comme ce n'est pas une essence ou une nature commune qui est à l'origine des universaux, mais un "statut": cette notion abélardienne a, au cours des temps, donné lieu à deux interprétations dont aucune ne fait encore l'unanimité de nos jours. La première dit que le statut est pour ainsi dire une "manière d'être"; ainsi, deux hommes auraient le même "statut" d'homme car ils partagent tous deux la même cause d'attribution du nom "homme", cause qui ne doit pas être considérée comme un être réel subsistant dans ceux-ci, comme c'est le cas dans le réalisme. La deuxième, quant à elle, considère qu'Abélard entendait par "statut" uniquement un être de raison fruit d'une activité abstractive de l'esprit extrayant et combinant en une notion générale les propriétés identiques présentes chez les différents membres d'une espèce.

Il faudrait noter sur ce sujet que Abélard demeure, malgré sa position proche du nominalisme, tributaire de la théorie néo-platonicienne des idées divines. Ainsi, dans sa théorie, un homme particulier appartient à l'espèce "homme" car il tire son origine de l'idée d'homme qui réside dans la pensée divine. Il est possible à l'homme de parvenir à une certaine connaissance de cette idée, mais cette connaissance ne peut être que confuse étant données les limites du processus d'abstraction et celles de la raison humaine elle-même. Aujourd'hui encore, la solution d'Abélard apparait comme ayant le mérite d'être à la fois naturelle et dénuée de dogmatisme.

Selon certains interprètes de son œuvre, Abélard aurait défendu une telle position au sujet des universaux à cause du problème du mal: celui-ci aurait pensé qu'adopter la théorie réaliste reviendrait à donner au mal une existence réelle, contredisant ainsi la théorie commune tenue depuis saint Augustin disant que le mal n'était qu'une "privatio boni" (privation d'un bien).

La philosophie d'Abélard ne se limite pas à sa théorie des universaux. Nous lui devons également, en plus de nombreuses œuvres de logique, un traité intitulé "Scito te ipsum" ("Connais-toi toi-même"), où celui-ci élabore une théorie morale fondée sur l'intention. Également, avec le Sic et Non (oui et non, 1123), recueil de citations extraites des Pères de l'Église, Abélard cherche à résoudre les oppositions sur des questions où ceux-ci font des affirmations s'opposant entre elles. L'ouvrage dont on ne connait que deux manuscrits a été publié pour la première par Victor Cousin en 1836. Abélard veut provoquer l'intérêt de ses étudiants et favoriser l'exercice de la réflexion. Abélard invente ainsi une science du langage qui doit étudier le sens des mots, un même mot pouvant avoir plusieurs sens. Il contribue ainsi au développement de la scolastique.

En ce XIIe siècle où les civilisations entrent en contact, Abélard est aussi un précurseur du dialogue interculturel. Il écrit le Dialogue entre un philosophe, un juif et un chrétien (1142), qui restera inachevé.

La pensée d'Abélard demeure l'un des principaux points de repère dans l'histoire de l'introduction de la méthode dialectique dans la théologie qui allait culminer avec la scolastique un siècle plus tard. En théologie, sa doctrine est fondée sur une position selon laquelle il serait impossible d'arriver à la connaissance du monde sans répudier le réalisme des choses. Ses nombreuses innovations dans le domaine de la foi, en particulier celles trouvées dans son traité "Theologia summi boni" où il utilise la dialectique pour traiter d'une manière systématique du dogme de la Trinité, provoquèrent les foudres de Bernard de Clairvaux. Entre autres, sa manière de rapporter les termes Puissance, Sagesse et Bonté aux trois personnes de la Trinité (Père/Fils/Saint Esprit) amena certains à l'accuser de trithéisme (cette accusation avait déjà été formulée contre son maître Roscelin); d'autres, par après, se mirent au contraire à penser qu'Abélard niait en fait la réalité des personnes divines en ramenant leurs noms à des attributs du divin hypostasiés (voir modalisme). Des spécialistes modernes (tels que Jean Jolivet) ont depuis nié qu'Abélard ait pu défendre de telles opinions.

Une autre position théologique que l'on attribue communément à Abélard est la théorie selon laquelle l'incarnation et la mort du Christ n'auraient servi qu'à donner aux hommes un exemple moral à suivre[réf. nécessaire]. Cette thèse, qui va à l'encontre des positions orthodoxes sur le sujet, a refait surface vers le dix-neuvième siècle avec le développement du libéralisme théologique, trouvant en la personne du théologien protestant Schleiermacher l'un de ses principaux représentants.

Abélard fut également un compositeur apprécié de son temps. Les chansons d'amour composées pour Héloïse connurent un grand succès, si l'on en croit les lettres de celle-ci. Ces chansons ne sont toutefois pas retrouvées.

On connaît en revanche les nombreux hymnes et planctus qu'il composa pour les moniales du Paraclet. Notons qu'il s'agit là d'un cas assez exceptionnel, l'anonymat étant très fréquent dans la musique médiévale.

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Lettres et poèmes
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* Historia calamitatum (Epistola I) : ed. Jacques Monfrin, Paris, Vrin, 1974.
* Epistolae I-VIII et Règle pour le Paraclet : Lettres d’Abélard et Héloïse, ed. Éric Hicks, trad. É. Hicks, Th. Moreau, Paris, Le Livre de Poche, 2007.
* Epistolae IX-XIV : Edmé Renno Smits, Peter Abelard. Letters IX -XIV. An Edition with an Introduction (Groningen: Bouma, 1983).
* Epistolae Duorum amantium, ed. Ewald Könsgen, Leiden, Brill, 1974 ; trad. Sylvain Piron, Lettres des deux amants, attribuées à Héloïse et Abélard, Paris, Gallimard, 2005.
* Carmen ad Astralabium, ed. Jose M. A. Rubingh-Bosscher, Groningen, 1987.
* Epithalamica, ed. Chrysogonus Waddell, Musical Quarterly , 72, 1986, 239-271.
* Hymnarius Paraclitensis, ed. Joseph Szövérffy, Albany, 1975.
* Planctus, ed. Massimo Sannelli, Trento, La Finestra, 2002.

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Théologie
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* Theologia Summi Boni, ed. E. M. Buytaert et C. J. Mews, Turnhout, Brepols, 1987, CCCM,13).
* Theologia Christiana, ed. E. M. Buytaert, Turnhout, Brepols, 1969 (CCCM, 12).
* Theologia Scholarium, ed. E. M. Buytaert et C. J. Mews, Turnhout, Brepols, 1987, CCCM,13
* Sic et Non, ed. ed. Blanche Boyer, Richard McKeon (Chicago/London: University of Chicago Press, 1976.
* Ethica sive Scito te ipsum, ed. Rainer M. Ilgner, Turnhout, Brepols, 2001, CCCM,190).
* Dialogus inter Philosophum, Christianum et Iudaeum, sive Collationes, ed. G. Orlandi, transl. J. Marenbon, Oxford: Clarendon Press, 2001.
* Soliloquium, ed. Charles Burnett, Studi medievali, 25, 1984, p. 857-894.
* Commentaria In Epistolam Pauli ad Romanos, ed. E. Buytaert, Turnhout, Brepols, 1969 (CCCM, 11).
* Problemata Heloissae, Patrologia latina, 179, c. 677-730.
* Apologia Ne juxta Boethianum
* Confessio fidei Universis, ed. Charles Burnett, Peter Abelard, Confessio fidei 'universis' : a critical edition of Abelard’s reply to accusations of heresy, Medieval Studies, 48, 1986, p. 111-138.
* Confessio fidei ad Heloisam, ed. Charles Burnett, Mittellateinische Jahrbuch, 21, 1986, 147-155.
* Sermones - Epistola introductoria Abaelardi, Patrologia latina, 178, c. 379-610.
* Expositio Orationis Dominicae, , ed. Charles Burnett, Revue bénédictine, 95, 1985,60-72.
* Expositio Symboli Apostolorum, Expositio Symboli Athanasii', Patrologia latina, 178, 617-632.
* Expositio in Hexaemeron, ed. E. M. Buytaert, Antonianum, 43, 1968, p. 163-194.

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Dialectique
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* Dialectica, ed. L. M. De Rijk, Assen, Van Gorcum, 1970.
* De intellectibus, ed. et trad. Patrick Morin, De intellections, Paris, Vrin, 1964.
* Glossae super Topica
* Introductiones parvulorum
* Logica Ingredientibus
* Logica Nostrorum Petitioni
* De generibus et speciebus
* Sententie secundum Magistrum Petrum

Source : fr.wikipedia.org/.../ipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard
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