Lettre à Jules, suivi de "Voyages extraordinaires des enfants de l'extérieur", suivi de "Chroniques carcérales"
De mémoire : Tome 2, Le deuil de l'innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone
De mémoire : Tome 3, La courte saison des Gari, Toulouse 1974
De mémoire : Tome 1, Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse
Contre-attaques, N° 2 : Perspective
Jean-Marc Rouillan, né le 30 août 1952 à Auch dans le Gers, est un activiste d'extrême gauche (MIL, GARI, Action directe) et auteur français.
Arrêté en 1987 avec d'autres membres du groupe, il est condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans, pour l'assassinat de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et celui du PDG de Renault Georges Besse en 1986.
Il a bénéficié d'un régime de semi-liberté du 17 décembre 2007 au 2 octobre 2008. Ce régime a d'abord été suspendu préventivement « pour éviter tout contact avec la presse » et des « troubles à l'ordre public » à la suite d'une interview publiée dans L'Express[1], puis révoqué, le tribunal d'application des peines anti-terroriste jugeant que ses propos constituaient une « apologie de la lutte armée ».
Né le 30 août 1952 à Auch, il prend part aux activité des Comité d'action lycéen (CAL) puis des Groupes autonomes libertaires à Toulouse durant le début des années soixante-dix.
Dans la première partie des années 1970, il participe à la création d'organisations de lutte armée anti-franquiste (Mouvement ibérique de libération, Groupes d'action révolutionnaire internationalistes). Il est arrêté en 1974 puis relâché en 1977.
En 1979, il s'organise au sein de la « coordination politico-militaire interne au mouvement autonome » qui donnera Action directe. Rouillan est arrêté une première fois en 1980 (en compagnie de sa compagne Nathalie Ménigon). Libéré avec les autres militants d'Action directe lors de l'amnistie accordée par le Président François Mitterrand en 1981, Rouillan choisit avec une minorité d'Action directe de continuer la lutte armée.
Cette cellule reprend les attentats à partir de 1982 mais aussi les assassinats (Gabriel Chahine le 13 février 1982, René Audran le 25 janvier 1985 et Georges Besse le 17 novembre 1986, ainsi que deux tentatives contre Guy Brana et le général Henri Blandin).
Il est arrêté le 21 février 1987 en compagnie de Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani.
Il est condamné en 1989 puis 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans (le rendant potentiellement libérable à compter du mois de février 2005). Classé comme DPS (Détenu particulièrement Signalé), il est soumis à un régime d'exception. Il passe sept ans et six mois à l'isolement total. Dès 1989, le Syndicat de la Magistrature qualifiait ces conditions d'incarcération de "traitement inhumain"[2].
Malgré son emprisonnement, Rouillan continue une certaine activité : soutien à ses camarades d'Action directe, grève de la faim[3], écriture... Il écrit en outre régulièrement dans le mensuel CQFD notamment des « Chroniques carcérales » témoignant des conditions de vie dans les prisons françaises.
Jean-Marc Rouillan a bénéficié d'un régime de semi-liberté à partir du 17 décembre 2007 et a travaillé chez son éditeur Agone à Marseille, devant rejoindre un centre de semi-liberté la nuit et les week-ends[4].
Malgré ses années de détention, Jean-Marc Rouillan reste « convaincu que la lutte armée est nécessaire à un moment du processus révolutionnaire »[5], tout en précisant qu'elle doit être menée « dans des conditions historiquement déterminées »[6].
À la suite d'un entretien accordé le 1er octobre à L'Express et dans lequel il affirmait : « Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique[1] » et de la plainte du parquet de Paris[7], le juge d'application des peines a rendu le 2 octobre une « ordonnance suspendant la mesure de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan[8] ». En effet, dans le cas d'une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, les années incompressibles ne sont qu'un minimum à l'issue duquel le tribunal d'application des peines peut accorder une libération conditionnelle au détenu. Celle-ci peut toutefois être révoquée si le condamné n'a pas respecté ses obligations[9].
Le 16 octobre, le tribunal d'application des peines (juridiction spéciale anti-terroriste) réuni à la prison des Baumettes confirme la révocation[10]. Un pourvoi en cassation contre ce jugement a été formulé[11].
En mars 2009, Jean-Marc Rouillan a été hospitalisé[12]. En avril 2009, il a demandé de nouveau l'obtention d'un régime de semi-liberté[13]. Atteint de la très rare maladie de Chester-Erdheim, il a demandé une suspension de peine comme la loi le prévoit en pareil cas[11]. Début décembre 2009, il a porté plainte contre X pour « non-assistance à personne en danger, estimant être privé de soins pour la maladie rare dont il souffre »[14].
Le 16 février 2011, une nouvelle mesure de semi-liberté est accordée à Jean-Marc Rouillan par le tribunal d'application des peines, mais le parquet de Paris a fait appel de cette décision, ce qui a pour effet de la suspendre. Il reviendra à la cour d'appel de Paris de se prononcer sur le dossier[15]. Celle-ci lui accorde finalement la semi-liberté, effective au 19 mai 2011 [16].
De nombreuses voix se sont élevées pour demander la libération de Jean-Marc Rouillan.[17
Les 28 et 29 juin 2008, à l'occasion de la première réunion nationale des comités pour un Nouveau Parti anticapitaliste, les responsables de la Ligue communiste révolutionnaire ont confirmé avoir eu des contacts avec Jean-Marc Rouillan [18]. Ces contacts ont été dénoncés par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. L'un des fondateurs de la LCR, Alain Krivine, rétorque que si Jean-Marc Rouillan « accepte le programme du nouveau parti, il viendra, on ne demande pas aux gens leur passé ». Olivier Besancenot ajoute que la LCR appartient « à un courant politique qui désapprouvait et décriait les méthodes d’Action directe à l’époque[19],[20]».
Source :
fr.wikipedia.org/.../kipedia.org/wiki/Jean-Marc_Rouillan