Jacques Attali, né le 1er novembre 1943 à Alger, est un économiste, écrivain et haut fonctionnaire français. Ancien conseiller de François Mitterrand puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, il dirige actuellement PlaNet Finance et préside la commission pour la libération de la croissance française. Il a publié de nombreux essais et romans.
En 1943, le 1er novembre il naît avec son frère jumeau Bernard Attali à Alger en Algérie de parents séfarades. Simon Attali (son père) est un autodidacte francophile qui réussit dans le commerce de parfumerie bijouterie (enseigne « Bib et Bab ») à Alger. En 1956 deux ans après le début de la Guerre d'Algérie (1954 à 1962), son père décide de venir s'installer rue de la Pompe dans le 16e arrondissement de Paris avec sa famille (Jacques a 14 ans).
Les deux frères jumeaux Jacques et Bernard suivent des études brillantes au lycée Janson-de-Sailly, à Paris XVI, où ils ont pour amis Jean-Louis Bianco et Laurent Fabius. En 1966, il sort major de promotion de Polytechnique (X63). Docteur d'État en sciences économiques, Ingénieur de l'École des mines de Paris, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale d'administration dont il sort troisième de sa promotion en 1970 (promotion Robespierre avec Philippe Séguin et Louis Schweitzer).
En 1968, il effectue un stage d'énarque dans la Nièvre, sous la férule du futur préfet de police de Paris Pierre Verbrugghe. Il rencontre à cette occasion pour la troisième fois François Mitterrand.
En 1970, âgé de 27 ans, il entre au Conseil d’État. En 1972, il publie ses deux premiers livres en : Analyse économique de la vie politique et Modèles politiques pour lequel il obtient un prix de l'Académie des sciences.
Professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine, à l'École polytechnique et à l'École des Ponts et Chaussées, il réunit autour de lui quelques jeunes chercheurs : Yves Stourdzé (inventeur du programme européen de recherche Eurêka) ou Érik Orsenna (prix Goncourt en 1988 et conseiller spécial de Roland Dumas au ministère des Affaires étrangères). Il développe un réseau de personnalités dans des domaines très divers (journalisme, mathématiques, show business, analyse financière…).
En 1979, il participe à la fondation de l'ONG internationale Action internationale contre la faim, aujourd'hui connue sous le nom d'Action contre la faim (ACF) [1].
Son étroite collaboration avec François Mitterrand commence en décembre 1973. En 1981, François Mitterrand, qui vient d'être élu président de la République, le nomme « conseiller spécial » lors de son arrivée au palais de l'Élysée, après seulement trois entrevues et l'installe dans l'ancien bureau des aides de camp qui jouxte le bureau présidentiel. Dès lors, Jacques Attali rédige, chaque soir, des notes à l'attention du président sur l'économie, la culture, la politique ou le dernier livre qu'il a lu ou parcouru. Le président lui confie également le rôle de sherpa (représentant personnel d'un Chef d'État) pour les sommets du G7.
Jacques Attali dispose depuis longtemps d'un solide réseau de relations, parmi lesquelles Raymond Barre, Jacques Delors, Philippe Séguin, Jean-Luc Lagardère, Antoine Riboud, Michel Serres, Coluche. Il conseille au président de faire venir à l'Élysée Jean-Louis Bianco, Alain Boublil et quelques jeunes énarques prometteurs, comme le couple François Hollande/Ségolène Royal.
En 1982, il plaide pour la « rigueur économique ». Il organise le sommet du G7 de Paris en 1982. En 1984, il met en place le programme européen Eurêka de « développement de nouvelles technologies ». Il organise le bicentenaire de la Révolution française du 14 juillet 1789. En 1989, il fonde un programme international d’action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh.
En 1990 lors du second septennat de François Mitterrand, Jacques Attali abandonne la politique et quitte l'Élysée. Il crée la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à Londres et en devient le premier président. Il avait lancé l'idée de cette institution en 1989, peu avant la chute du mur de Berlin, pour soutenir la reconstruction des pays de l'Europe de l'Est. Jacques Attali a ainsi fondé la première institution s'occupant de l'Europe de l'Est. Sous l'impulsion de son président, la BERD a en premier lieu lancé des investissements destinés à la protection des centrales nucléaires, à la protection de l'environnement et, plus généralement, au développement des infrastructures et de la privatisation.
En 1991, Jacques Attali invite Mikhail Gorbatchev au siège de la BERD à Londres, contre l'avis du premier ministre britannique John Major. Il oblige ainsi les chefs d'états d'un G7 se déroulant dans la ville au même moment, à recevoir le chef d'État soviétique [2]. Au lendemain d'un entretien téléphonique houleux entre Jacques Attali et John Major, la presse britannique multiplie les critiques à l'encontre du président de la BERD, diffusant notamment des soupçons sur la gestion de l'institution - soupçons qui seront ensuite relayés par certains journalistes de la presse française[3]. Jacques Attali explique sa position dans le chapitre « verbatim et la BERD » du livre C'était François Mitterrand[4]: "les travaux en question avaient été réalisés sous la responsabilité d'un groupe de travail international dont je ne faisais pas partie". De fait, à son départ, volontaire, de la BERD, Jacques Attali a reçu pour sa gestion le quitus du conseil des gouverneurs[5].
En 1993, Jacques Attali gagne un procès en diffamation alors qu'on l'accuse d'avoir reproduit dans son livre « Verbatim », sans l'autorisation de François Mitterrand, des archives secrètes et quelques phrases du chef d'État français destinées à un autre livre [6]. Le journal Herald Tribune publia même, sur quatre colonnes à la une, un article affirmant à tort que le président Mitterrand avait demandé le retrait du livre des librairies. François Mitterrand confirma au cours d'une longue interview avoir demandé à Jacques Attali d'écrire ce livre et reconnut l'avoir relu lui-même la plume à la main[7].
En 1994, Jacques Attali crée Attali & Associés (A&A)[8], cabinet de conseil international spécialisé dans le conseil stratégique, l'ingénierie financière et les fusions-acquisitions.
En 1998, il fonde PlaNet Finance à Paris, une association à but non lucratif présente dans 60 pays qui finance, conseille et forme 10 000 institutions de microfinance.
Puis en 2001, les ramifications de l'Angolagate ont atteint Jacques Attali, qui a été mis en examen pour « recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence » [9]. Il n'a dû qu'au paiement d'une caution d'un million de francs d'échapper à l'incarcération.
Le 24 juillet 2007, Jacques Attali est chargé par Nicolas Sarkozy de présider une commission chargée d'étudier « les freins à la croissance »[10] après le renoncement de Philippe Seguin.
La commission a rendu son rapport le 24 janvier 2008.
Source :
fr.wikipedia.org/.../r.wikipedia.org/wiki/Jacques_Attali