La force qui nous manque : Petit traité d'énergie et d'orgeuil féminin
Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?
10 raisons de ne pas voter Sarkozy : François Hollande ; Jean-Luc Mélenchon ; Eva Joly ; Nathalie Arthaud ; Philippe Poutou ; Pierre Laurent ; ... ; Cécile Duflot ; Aurélie Filippetti
Eva Joly, de son nom de jeune fille Gro Eva Farseth1, née le 5 décembre 1943 à Oslo (Norvège) et de double nationalité norvégienne et française (acquise par mariage), est un ancien magistrat français qui a instruit des dossiers politico-financiers tels que l'affaire Elf.
En 2009, elle est élue députée européenne dans la circonscription Île-de-France, sur la liste Europe Écologie. Elle est candidate à la primaire présidentielle écologiste de 2011.
Gro Eva Farseth naît en 1943 à Motzfelds Gate, un quartier modeste d'Oslo. Ses ancêtres maternels étaient producteurs de framboises. Sa famille paternelle appartenait à une lignée d'agriculteurs de montagne. Son père était tailleur5, employé dans une usine d'uniformes militaires6.
Gro Farseth passe une partie de son enfance dans le quartier ouvrier de Grünerløkka (blanchisseries, boulangeries, meuneries, fabriques de voiles pour bateaux…), à Oslo, et en fréquente les écoles.
À 18 ans, après avoir fini troisième au concours de Miss Norvège, elle quitte son pays natal, avant d'exercer divers métiers : fille au pair, secrétaire chez Eddie Barclay, dactylo, couturière à domicile. En 1967, elle épouse un étudiant en médecine, Pascal Joly, le fils aîné de la famille qui l'accueillait au pair (et cousin de Sylvie Joly), malgré l'opposition de ses futurs beaux-parents6. Ils ont deux enfants, Caroline, qui deviendra avocate et Julien, devenu architecte.
Tout en poursuivant des études de droit, Eva Joly gagne sa vie comme styliste en décoration d'intérieur. Quand son mari termine ses études de médecine, le couple s'installe à la campagne à Bouray, près d'Étampes.
Eva Joly obtient une licence en droit et un DEA de sciences politiques et devient conseillère juridique de l'hôpital psychiatrique d'Étampes.
En 1980, elle passe le concours d'entrée dans la magistrature, et est reçue 30e3. À 38 ans, en 1981, elle est nommée substitut du procureur de la République à Orléans. En 1989, elle est détachée au Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), organisme rattaché au ministère des Finances, qui épaule les entreprises en difficulté dans les zones sinistrées. Elle en devient la première secrétaire générale adjointe à ne pas sortir de l'ENA.
Nommée en 1990 juge d'instruction au pôle financier au Palais de Justice de Paris, elle instruit des affaires en vue, comme celle de Bernard Tapie, puis se voit confier le dossier Bidermann, qui conduit via Elf-Gabon à l'affaire Elf, qu'elle instruit avec Laurence Vichnievsky.
Le 5 juillet 1996, Eva Joly fait incarcérer le patron Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d'Elf et président en exercice de la SNCF.
Puis elle ouvre les dossiers de l'affaire des frégates de Taïwan et de l'affaire Dumas-Deviers-Joncour. En 1998, elle met en examen Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel qui est contraint à la démission. Condamné en première instance en 2001, il est relaxé en appel en 2003.
En pleine affaire Elf, Eva Joly est marquée par le suicide de son mari(dont elle était séparée)en 2001.
Elle est lauréate, pour le travail exceptionnel effectué dans cette affaire, du prix de l'intégrité décerné par l'ONG Transparency International.
Après l'affaire Elf, Eva Joly souhaite s'éloigner de la France. Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger ». En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance en France pour les malversations financières.
En 2005, elle crée, avec l'appui du ministère des Affaires étrangères, le « Network », réseau privé de juges et d'enquêteurs engagés dans la lutte contre la corruption. Ses membres représentent notamment plusieurs pays en voie de développement auxquels le Network apporte non seulement un soutien psychologique et moral grâce aux échanges et réunions organisés régulièrement, mais aussi, à l'occasion, une aide matérielle, comme l'exfiltration d'un membre dont la sécurité serait menacée.
Comme le disent certains membres du réseau, cette initiative unique et salutaire ne pourra réellement avoir un impact significatif que si une cour internationale est créée afin de poursuivre les criminels financiers, seule façon de faire appliquer les lois communes en vigueur.
Son nom a été choisi par la promotion 2007 de l'École nationale de la magistrature. Dénonçant toujours la soumission de la magistrature au pouvoir politique, elle a critiqué le projet de Nicolas Sarkozy visant à dépénaliser le droit des affaires.
En mars 2009, Eva Joly est appelée par le gouvernement islandais pour servir en tant que conseillère spéciale dans une enquête sur une possible criminalité financière qui aurait aggravé la crise financière dans le pays. Elle renonce ensuite à ce poste, la raison officielle de ce départ étant sa préparation à la campagne présidentielle française de 2012, comme candidate du mouvement écologique.
Eva Joly est, en 2007-2008, proche du Mouvement démocrate. Elle est approchée par François Bayrou, mais ne donne pas suite car elle juge qu'« il n'a pas de programme ».
En octobre 2008, elle rejoint le rassemblement Europe Écologie, en deuxième position sur la liste des écologistes en Île-de-France en vue des élections européennes. La liste conduite par Daniel Cohn-Bendit recueille 20,86 % des voix, et elle est élue députée européenne, le 7 juin 2009.
Elle est l'une des initiatrices de la Déclaration de Paris avec l'ancien procureur de Genève Bernard Bertossa, le juge espagnol Baltasar Garzón, le juge italien Antonio Di Pietro (à l'origine de l'opération Mains propres), ou le Chilien Juan Guzmán, qui a inculpé Augusto Pinochet.
À l'été 2010, sa candidature à l'élection présidentielle française de 2012 apparaît comme de plus en plus probable, notamment après les réticences de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, à se présenter. Alors que la question de la désignation du candidat d'Europe Écologie n'est pas encore tranchée, Eva Joly se dit intéressée par l'hypothèse de porter les couleurs écologistes au prochain scrutin présidentiel. Cette probabilité est renforcée par la naissance, le 13 novembre 2010, du parti Europe Écologie - Les Verts, produit de la fusion entre Europe Écologie et Les Verts.
L'édition 2010 du prix Press club humour et politique lui est décernée pour sa formule « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn : je l'ai mis en examen ».
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Ouvrages
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Notre affaire à tous, 2000 (ISBN 2-912485-18-5)
(no) Korrupsjonsjeger: Fra Grünerløkka til Palais de Justice, 2001
L'Abus de biens sociaux à l'épreuve de la pratique, éditions Economica, 2002
Est-ce dans ce monde là que nous voulons vivre ?, éditions Les Arènes, 2003 (ISBN 2-912485-48-7)
(de) Im Auge des Zyklons, Riemann I. Bertelsmann Vlg, 2003 (ISBN 3-570-50051-9)
La Force qui nous manque, éditions Les Arènes, 2007 (ISBN 2-35204-035-3)
Des héros ordinaires , avec Maria Malagardis, Les Arènes, 2009 (ISBN 978-2-35204-085-9)
Les Yeux de Lira, avec Judith Perrignon, mai 2011, édition Les Arènes (ISBN 978-2-35204-150-4)
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Films
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L'affaire Elf a inspiré les auteurs de fictions :
Les Prédateurs, téléfilm de Lucas Belvaux (2007)
Téléfilm en deux épisodes produit par Canal +, fiction sur l'affaire Elf, Nicole Garcia y joue le rôle d'Eva Joly. Eva Joly a « adoré ce film » qui « rend bien compte de ce qui s'est passé ».
L'Ivresse du pouvoir, film de Claude Chabrol (2006)
En 2006, le cinéaste Claude Chabrol s'est inspiré de l'affaire Elf et de la vie d'Eva Joly pour son film L'Ivresse du pouvoir. Eva Joly a critiqué le film comme « un petit théâtre de mœurs qui conforte chacun dans l'immobilisme », et souligné que dans la réalité, « des circuits financiers occultes d'une ampleur sans précédent en Europe ont été découverts. La justice a apporté la preuve de détournements massifs (jusqu'à 150 millions d'euros) par les dirigeants de la firme, en grande partie pour leur usage personnel. Elle a éclairé les citoyens sur les pratiques corruptrices entre les pays développés et ceux en voie de développement. » Elle a estimé que le film réduisait l'enquête à « une suite de clichés » et regretté que Claude Chabrol ait selon elle violé l'intimité de sa vie privée, ajoutant lors de la promotion du film « des détails sordides et erronés sur [sa] vie personnelle ».
Source :
fr.wikipedia.org/.../tp://fr.wikipedia.org/wiki/Eva_Joly