Un homme et une femme, vingt ans déjà
Coffret Claude Lelouch de 1981 à 1988
Claude Lelouch - Coffret 7 grands films
Claude Lelouch, né le 30 octobre 1937 à Paris, dans le 9e arrondissement[1], est réalisateur, producteur et scénariste. Sa filmographie compte plus de 40 films dont Un homme et une femme, Le voyou, L'aventure, c'est l'aventure, Les uns et les autres, Partir, revenir, Itinéraire d'un enfant gâté, Tout ça... pour ça ! ou encore Roman de gare. Son dernier film, Ces amours là, sort le 15 septembre 2010 sur les écrans français.
Père de sept enfants, il a été marié trois fois : Christine Cochet en 1967 ; Marie-Sophie L. en 1986 et Alessandra Martines en 1993. Il divorce de cette dernière en 2009.
Claude Lelouch[2] est né le 30 octobre 1937 d’un père juif et d’une mère catholique, convertie au judaïsme par amour. En 1942, son père est à Alger. Claude et sa mère sont en France et recherchés par la Gestapo. Sa mère le cache dans des salles de cinéma... Naîtra une grande histoire d’amour avec le cinéma qui ne le quittera pas[1]...
À la suite de son échec au baccalauréat, son père lui offre une caméra pour lui redonner une chance[1]. Il débute sa carrière en tournant des reportages journalistiques ("Une ville pas comme les autres", "USA en vrac", ...). Il est notamment l'un des premiers à filmer la vie quotidienne en URSS, la caméra cachée sous son imperméable. Ce reportage, Quand le rideau se lève, lui permet de gagner de quoi créer sa société de production Les Films 13. Pendant ce reportage, Claude Lelouch se retrouve aux studios Mosfilms, sur le tournage d'un film qui allait changer sa vie : Quand passent les cigognes de Mikhail Kalatozov. Ce film lui donnera le goût de la mise en scène. « J’ai su dès ce jour-là que la caméra était l’acteur invisible mais principal de tous les films de l’histoire du cinéma et en particulier de tous mes films ».
Par la suite, il continue à filmer beaucoup de manifestations sportives comme le Tour de France ou les 24 heures du Mans.
En rentrant de Moscou et encore sous le choc de Quand passent les cigognes, Claude Lelouch s’apprête à faire son service militaire. Grâce à ce reportage tourné en Russie, il rentre au service cinéma des armées, tourne d’abord comme caméraman d’actualités puis ensuite comme metteur en scène. Claude Lelouch réalise sept films destinés aux militaires. C’est là qu’il comprend en filmant les plus mauvais acteurs du monde (des colonels ou militaires) à quel point la direction d’acteur allait être capital dans son cinéma.
Le 13 avril 1960, il fonde sa société de production qu’il souhaite appeler Les Films de l’Apocalypse… Mais le notaire, effaré, lui propose autre chose « écoutez, nous sommes le 13 mars, il est 13 heures, et je viens de m’apercevoir que Claude Lelouch comptait 13 lettres… Est-ce que vous avez quelque chose contre le chiffre 13 ? » La société s’appellera donc Les Films 13[4].
Il se lance donc dans la production de son premier long-métrage Le Propre de l'homme. Claude Lelouch dit lui-même avoir commis toutes les erreurs que l’on pouvait faire sur un premier film… Tellement d’erreurs que la critique dans Les cahiers du cinéma commençait ainsi : « Claude Lelouch, retenez bien ce nom, vous n'en n'entendrez plus jamais parler »[3]. S'ajoute à cet échec le décès de son père, quelques jours après la première projection désastreuse du film.
Pour remonter la pente, Claude Lelouch va se retrouver réalisateur de scopitones, l’ancêtre du clip. Il a pu ainsi mettre en images une centaine de chansons parmi les plus populaires de l’époque. Lelouch fait tourner Jeanne Moreau, Claude Nougaro, Johnny Halliday, Dalida, Claude François, … et dit avoir appris pendant cette l’expérience la force de la musique dans un film.
En 1962, L'Amour avec des si, film enlevé et très imaginatif[5], retient l'attention de la critique suédoise. L’année d’après, Claude Lelouch réalise un film de commande : La Femme spectacle, censuré pour ses jugements misogynes. Le film sera remonté. Claude Lelouch avoue que c’est le film dont il a le plus honte « J’ai trahi de ce que j’aimais le plus au monde, les femmes, et le cinéma. » [3]
En 1964, Une fille et des fusils, tourné en trois semaines avec une bande de copains (dont Amidou, Pierre Barouh et Jean-Pierre Kalfon), trouve un premier public. Derrière ce petit succès, Claude Lelouch enchaîne avec "Les grands moments", « La suite de Une fille et des fusils qui n’avait pas besoin de suite » ironise Claude Lelouch[3]. Lorsqu’il comprend que ce dernier film ne sortira jamais, Lelouch, déprimé, part pour Deauville : Lorsque le jour se lève, face à la mer, au volant de sa voiture, il entrevoit une jeune femme et son enfant sur la grève. C’est en s’avançant très lentement vers eux qu’il tente de reconstituer et de savoir ce que cette femme est venue faire si tôt sur cette plage… Petit à petit, le scénario de Un homme et une femme est en train de naître[3]. Lelouch, enthousiaste, repart écrire le film qui deviendra un film culte !
Un homme et une femme est un miracle technique pour l’époque avec un style nouveau d'utilisation de la caméra. Claude Lelouch a du mal à réunir des fonds pour faire son film, surtout après plusieurs échecs[6]. Jean-Louis Trintignant est confiant en ce jeune homme dynamique qu’il considère comme le meilleur directeur d’acteur avec qui il a pu travailler[7]. En mai 1966, Un homme et une femme est intégré in extremis à la sélection cannoise alors que la liste était close. Son film reçoit la Palme d'or, marquant le début d'une remarquable ascension dans le monde du cinéma pour ce jeune homme de vingt-neuf ans.
Après Un homme et une femme, Claude Lelouch croule sous les propositions, notamment pour réaliser à Hollywood. Le soir même de la cérémonie des Oscar, Lelouch clame son envie de continuer à faire des films en France : « J’ai refusé toutes les propositions qu’on m’avait faites. J’ai voulu, quoiqu’il arrive, aller au bout de la petite idée que j’avais du cinéma et qui fait que, de film en film, j’ai continué à aller à l’école. »[3]
En 1967, après le succès mondial de Un homme et une femme, Claude Lelouch prépare son nouveau film, Vivre pour vivre, qui raconte une nouvelle fois l’histoire couple, mais un couple fragile, au bord du divorce. Il y fait tourner Yves Montand, et Annie Girardot… Pendant le tournage, il tombe amoureux de la comédienne avec qui il vivra une histoire d’amour, gardée secrète plusieurs années.
Vivre pour vivre est un nouveau succès planétaire ! On demande alors à Claude Lelouch de réaliser le documentaire officiel des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968. Ce film, 13 jours en France, sélectionné pour le Festival de Cannes, ne sera jamais projeté au Festival : Les évènements de mai 1968 mobilisent la France et les cinéastes…
La même année, Lelouch se lance dans un sujet épineux pour l’époque avec La vie, l’amour, la mort, un plaidoyer contre la peine de mort, avec Amidou, Caroline Cellier & Marcel Bozzuffi.
En 1969, Claude Lelouch retrouve Annie Girardot pour Un homme qui me plait avec Jean-Paul Belmondo, Marcel Bozzuffi & Farrah Fawcett. Après avoir filmé un couple en reconstruction, un autre en destruction, Lelouch a envie de filmer une « parenthèse ». Une actrice et un compositeur qui se rencontrent pendant un tournage aux Etats-Unis. Une vraie passion, mais qui ne peut malheureusement pas durer… Le film est un échec, mais aujourd’hui, il est pour certains un film culte. Jean Dujardin cite Un homme qui me plait parmi ses films préférés : « Je le revois tous les six mois. Pas parce qu'il y a Belmondo... Enfin si, mais aussi parce qu'il y a Annie Girardot. Ce film, que Lelouch est parti tourner à Los Angeles avec seulement un bout d'idée, m'a hypnotisé par sa fraîcheur et sa liberté. Une phrase revient souvent sur Lelouch : "Il ne raconte pas grand-chose, mais il le fait tellement bien." Ce film en est l'exemple parfait, j'adore ! ».
En 1970, Claude Lelouch fait appel à Jean-Louis Trintignant pour son nouveau film Le voyou qui, pour la première fois, allait jouer un rôle qui n’était pas seulement romantique. Il y fait aussi tourner Charles Denner : « Rencontrer Charles Denner et tourner avec lui, c’est plus qu’une récompense ! C’est une consécration ! Il ne jouait jamais. Il vivait littéralement chaque scène comme dans un état second habité jusqu’à la folie par son personnage. »[3]
En 1971, Claude Lelouch décide de réaliser un tout petit film avec une nouvelle caméra 16 mm. Avec ses amis Amidou, Charles Gérard, Francis Lai, Catherine Allegret et son chef-opérateur Jean Collomb, il réalise Smic, Smac, Smoc pour moins de 200.000 francs. Pendant ce temps, Claude Lelouch prépare un film qui fera date dans sa filmographie… L’aventure, c’est l’aventure !
1972 : Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard & Aldo Maccione sont les héros de L'aventure c'est l'aventure ! « Au moment où j’ai fait L'aventure c'est l'aventure, les affrontements idéologiques étaient à leur apogée. Mai 1968 avait réduit le fossé entre le patron et les ouvriers. Jamais la France n’avait été aussi politisée. Je voulais filmer cette confusion qui, au fond, me faisait rire. Je voulais montrer à quel point les intellos mélangent tout. Ils sont séduits par n’importe quel discours si l’orateur a du charisme. J’avais envie de faire intervenir des voyous qui n’ont rien à cirer de rien, mais qui se servent de la politique pour faire de l’argent. »[9] Le film est un succès et accède au rang de film culte !
« Quand on a goûté à du Lino Ventura on ne peut plus s’en passer ». En 1973, Claude Lelouch lui écrit un rôle sur mesure avec La bonne année. La rencontre improbable entre un truand macho, généreux et analphabète et une intellectuelle très romantique et surtout très libérée, interprétée par Françoise Fabian. « "La bonne année" est l’un des films dont Lino était le plus fier. Pour le dernier plan, il ne savait pas de quel côté aller. Il était très emmerdé car il ne pouvait pas admettre qu’un homme puisse pardonner à une femme qui l’avait trompé. Lino n’était pas au courant de l’épilogue. Et il ne savait pas qu’il s’agissait du dernier plan. Je lui ai dit "je vais te filmer et tu vas te poser la question de savoir si tu lui pardonnes ou pas. Maintenant que tu sais ce dont parle le film, laisse-toi porter !". J’ai filmé un vrai Ventura. Il est passé par toutes les phases. On se dit qu’il pardonne quand même mais du bout des lèvres. Et qu’il le fera payer… C’était le plan préféré de Stanley Kubrick… »[9]
Sydney Pollack confirmera lors de la sortie du film de Kubrick "Eyes Wide Shut" en 1999 : « L'un de ses films préférés était "La bonne année" de Claude Lelouch, qui est aussi l'un des miens. Stanley en était si excité qu'il s'est procuré une copie et l'a fait voir à Tom Cruise. »
D'après un sondage effectué en 1989, Claude Lelouch est, cette année là, le réalisateur le plus connu des français.
Claude Lelouch reste un cas à part dans le monde du cinéma français. Il a appris son métier sur le tas. C'est de là, beaucoup plus que d'un scénario prédéfini, que proviennent ses films. Une image peut engendrer un film tout entier de même qu'il semble évident que le tournage en lui-même est primordial à l'élaboration du film, c'est-à-dire la manière de faire parler les acteurs, de placer la caméra ou encore de comprendre, sur le moment, de quel point de vue la scène sera le mieux rendue. De là, cette impression de spontanéité ou ce mythe de l'improvisation chez Lelouch. Ses films semblent pourtant très contrôlés jusque dans l'écriture du scénario[réf. nécessaire], mais il paraît attendre le moment précis du tournage pour que tout se mette en place de manière parfois imprévue, laissant, comme il le dit[12], place aux hasards qu'il tente de provoquer. Voilà pourquoi il avoue « parfois découvrir ses films une fois terminés »[13].
Son statut d’autodidacte et son succès fulgurant lui apportent rapidement beaucoup de jalousies et déchainements de la part de l’intelligentsia[réf. nécessaire]), ce qu'on peut appeler un « lynchage médiatique » pouvant frôler certaines fois le mauvais goût[14].
Pourtant, Lelouch peut être classé comme un éternel précurseur faisant parfois tenir la qualité de ses films aux avancées techniques mises en œuvre ou à l'audace dans la mise en scène dont ils sont le fruit. La Bonne Année utilise des microphones en extérieur, grâce à une toute nouvelle caméra silencieuse (les films étant le plus souvent postsynchronisés ensuite en studio), il se sert de cette particularité pour innover dans le jeu des acteurs, ce qui lui permet de restituer toute leur fraîcheur aux dialogues entre Lino Ventura et Françoise Fabian.
De même, c'est un de ceux qui ont utilisé et popularisé le tournage caméra à l'épaule, pensant par là qu'elle devait être un acteur de plus au sein du film en étant la plus active possible. Lelouch tirera de cette pratique de la technique cinématographique, solitaire et autodidacte une bonne partie de ses trouvailles et de la qualité de ses films. [citation nécessaire]
Un film de Lelouch se reconnaît généralement facilement, certains [Qui ?] parlant d'un style Lelouch : « Le style Lelouch, c’est le reflet de mes lubies du moment. Je ne suis pas un metteur en scène qui adapte les fantasmes d’un autre ou les humeurs d’un romancier. J’ai porté à l’écran mes propres états d’âme. Mes films sont le reflet de mon présent, avec un décalage d’un an ou deux, le temps du tournage et du montage. On a tous des obsessions, des sujets qui nous intriguent, d’où il découle un style. On tourne autour de quelque chose qui obsède, jusqu’à ce qu’on ait trouvé. Je ferai du Lelouch jusqu’à ce que je trouve ce que cherche Lelouch. » [1]
Certains [Qui ?] diront que le style Lelouch, c’est tout simplement cette volonté de vouloir décliner le sentiment amoureux dans chacun de ses films : « Je me suis occupé de la relation amoureuse, elle est au cœur de tous mes films. Les gens amoureux sont plus intéressants que les autres, plus courageux, plus généreux. Ils réalisent de plus grandes choses. L’amour bonifie l’humanité. La passion est un turbo extraordinaire. ».
Source :
fr.wikipedia.org/.../r.wikipedia.org/wiki/Claude_Lelouch